Entre 15 et 20 logements sont encore disponibles actuellement, affirme l’Office d’habitation de l’Outaouais.

Crise du logement: des organismes récalcitrants ?

L’aide d’urgence pour le soutien au logement demandé et obtenu de Québec par la Ville de Gatineau pour faire face à l’actuelle crise du logement n’est pratiquement d’aucune utilité actuellement, soutient l’Office d’habitation de l’Outaouais (OHO). Pire, certains organismes en habitation et coopératives refuseraient de combler certains de leurs logements subventionnés parce que la clientèle de locataires dans le besoin ne leur convient pas, mentionne le directeur général, Mario Courchesne.

En entrevue avec Le Droit, lundi, à moins d’une semaine de la date du 1er juillet, le directeur général d’OHO a lancé plusieurs pavés dans la marre qui tendent à démontrer que tous les intervenants ne sont pas sur la même longueur d’onde quant aux actions à mettre de l’avant pour faire face à la crise.

« On vit une pénurie de logements abordables, nous en sommes tous conscients, mais il reste encore quelques logements disponibles, note M. Courchesne. Je dois malheureusement le dire, et je ne vais pas les identifier, mais il y a quelques coopératives et organismes, trois ou quatre, qui ont des logements toujours disponibles. Il y a entre 15 et 20 logements disponibles actuellement. On a un comité logement avec la Ville et tout le monde est au courant de ça. »

M. Courchesne précise que les coopératives et les organismes en logement sont autonomes et choisissent eux-mêmes leur clientèle. 

« On sait tous qu’on est dans une grave situation, dit-il. Peut-on arrêter de poser des questions et loger les gens qui sont dans le besoin ? Nous à OHO, on ne choisit pas nos locataires. On aide ceux qui sont dans le besoin. Je ne veux pas généraliser, pas du tout, mais certains organismes et coopératives ont des exigences très spécifiques et préfèrent garder des logements vacants plutôt qu’aider ceux qui en ont besoin. »

La construction de ces logements a été subventionnée, par la Ville, via le programme Accès Logis, pour une clientèle qui en a besoin, rappelle le patron de l’OHO. « Dans ce contexte, je dis que cette clientèle n’est pas desservie à 100 % comme elle le devrait », ajoute-t-il.

Soutien d’urgence : aucune demande 

À la demande de la Ville de Gatineau, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation a accepté, il y a quelques semaines, d’accorder une aide d’urgence sous la forme d’unités du Programme de soutien au logement (PSL). 

La ministre a accepté de verser 60 subventions d’urgence à Gatineau, mais l’OHO qui est responsable de gérer ce programme dans la région n’a fait jusqu’à maintenant aucune demande pour cette aide d’urgence qui permet à des locataires de combler la différence de loyer dans un logement privé qui n’est pas considéré comme abordable.

M. Courchesne soutient que ce programme n’est pas adapté à la situation. 

La très grande majorité des sinistrés des dernières inondations ont un revenu trop élevé pour se qualifier et obtenir cette forme d’aide au logement, dit-il. 

« Être à la rue en raison de l’inondation est une chose, c’est grave, mais ça ne permet pas automatiquement de se qualifier pour ce programme », rappelle le directeur général d’OHO. 

Neuf demandes pour un PSL ont été faites à OHO depuis les inondations du printemps. 

Seulement quatre de ces demandes étaient recevables. 

« On pourrait bien me donner tous les PSL d’urgence au monde, ce n’est pas ça qui va aider les sinistrés », ajoute M. Courchesne.