François Roy, coordonnateur de Logemen’Occupe, interpelle les gouvernements pour un meilleur investissement dans les logements sociaux.
François Roy, coordonnateur de Logemen’Occupe, interpelle les gouvernements pour un meilleur investissement dans les logements sociaux.

Crise du logement: des organismes dénoncent le rapport de la SCHL

Le dépôt du rapport annuel de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, mercredi, a causé de vives réactions chez plusieurs organismes œuvrant dans le domaine du logement. Plusieurs d’entre eux constatent que la crise de pénurie de logements ne fait que s’aggraver.

L’organisme gatinois Logemen’occupe dénonce le fait que la pénurie de logements s’aggrave à Gatineau. «Dans ces conditions, la situation va assurément se détériorer pour les 7 000 ménages locataires gatinois qui consacrent déjà plus de la moitié de leur revenu pour se loger», déplore le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy.

M. Roy en profite pour interpeller le gouvernement pour que ce dernier investisse davantage dans les logements sociaux. «En plus d’être une alternative à un marché uniquement préoccupé par ses marges de profits, il s’agit d’un moyen concret d’enrayer la crise à moyen et long terme pour de nombreux ménages».

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) abonde dans le même sens que Logemen’occupe, estimant que les données publiées par la SCHL confirment que la pénurie de logements s’est aggravée depuis l’exercice de 2018. «À Gatineau, des familles sont déjà sans-logis à l’année et les ressources offrant de l’hébergement temporaire débordent», a expliqué le FRAPRU mercredi.

«Les logements neufs étant hors de prix et ne pouvant trouver un logement qu’ils soient capables de payer, des gens vont être forcés de quitter leurs communautés, de s’éloigner des services, voire de changer leurs enfants d’école. D’autres n’auront pas d’autres options que de louer des logements trop petits pour leur famille ou en mauvais état», a remarqué la porte-parole du FRAPRU, Véronique Laflamme.

De son côté, la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) demande au ministère de l’Habitation de «modifier la réglementation qui freine la construction et la rénovation, qui décourage la gestion immobilière et qui pousse des logements hors du marché locatif».

Comme M. Roy, la CORPIQ souligne que l’option des logements sociaux doit être mise de l’avant. «Comme solution, l’État ne peut pas se substituer au marché privé en subventionnant la construction de logements sociaux. Le coût des projets dépasse aujourd’hui en moyenne les 200 000 $ par unité. C’est trois fois plus que lors de la crise du logement qui a culminé en 2001-2002», a noté le directeur des affaires publiques de la CORPIQ, Hans Brouillette.