François Roy, coordonnateur de Logemen’occupe

Cri du cœur pour du logement

« S’il vous plaît, aidez-nous, faites quelque chose. »

Ce sont de véritables cris du cœur qu’ont lancé des mères et des pères de famille désemparés, mardi, lors de la séance du conseil municipal.

Que ce soit l’histoire d’un père monoparental de deux garçons qui vient de perdre son logement parce que le propriétaire y fait entrer des membres de sa famille et que deux mois de recherche pour un nouveau logement n’ont rien donné, ou encore le cas d’une mère éplorée qui risque de perdre la garde de ses quatre enfants en juin parce qu’elle devra quitter son hébergement d’urgence et qu’elle n’a pas les moyens de payer un logement décent, il est évident que la crise du logement fait de plus en plus de victimes à Gatineau et les élus en ont eu une touchante démonstration.

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Tour à tour, une dizaine de locataires et leurs enfants ont tenu à faire la même demande au conseil municipal et au maire Maxime Pedneaud-Jobin. Gatineau, ont-ils tous insisté, doit faire des pressions auprès du gouvernement du Québec pour juguler la crise du logement qui a été exacerbée par les inondations de 2017 et la tornade de septembre 2018.

« Ça fait 20 ans que j’interviens, que je dénonce la lourdeur bureaucratique pour le traitement des dossiers de situation d’urgence, et c’est incroyable la fin de non-recevoir de l’appareil administratif pour soutenir les gens qui sont dans une grande détresse, ça n’a pas de sens » a affirmé le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy, qui accompagnait les locataires venus témoigner de leur situation.

M. Roy estime que Québec doit déployer sans plus attendre des mesures d’urgence comme il l’a fait au début des années 2000.

« Ça prend de l’aide pour de l’entreposage et de l’hébergement d’urgence, dit-il. On reçoit des demandes tous les jours. Il faut octroyer des PSL (Programme de soutien au logement) afin de pouvoir loger adéquatement des familles dans le marché privé, le temps de trouver une place dans un logement communautaire. On nous demande de documenter les cas. Il y a plus de 1000 noms sur une liste d’attente pour du logement social, il me semble que c’est suffisant pour agir. »