Caroline Marcoux-Huard, médecin-conseil à la Santé publique, Gilles Hudon, PDG adjoint du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, de même que la Dre Marie-Josée Godi, directrice de la Santé publique en Mauricie et Centre-du-Québec.

COVID-19: quatre cliniques désignées ouvriront dans la région

TROIS-RIVIÈRES — Quatre cliniques désignées spécifiquement pour les patients présentant des symptômes de coronavirus ouvriront leurs portes dans les prochains jours dans la région, soit à Trois-Rivières et Drummondville, puis à Shawinigan et Victoriaville. Toutes les cliniques ouvriront d’ici lundi.

C’est ce qu’a révélé Gilles Hudon, président et directeur général adjoint du CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, en point de presse vendredi après-midi. La clinique de Trois-Rivières sera déployée du côté du centre Cloutier-du Rivage dans le secteur Cap-de-la-Madeleine à partir de lundi, alors que celle de Drummondville le sera au Centre médical AJC de la rue Saint-Jean dès ce samedi.

À Shawinigan et Victoriaville, les cliniques ouvriront sous un chapiteau chauffé à proximité de l’Hôpital du Centre-de-la-Mauricie ce samedi, et de l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska dès lundi, un modèle de cliniques qui seront déployés à plusieurs autres endroits au Québec, précise le CIUSSS-MCQ. Ainsi, les personnes qui présentent des signes et symptômes de la COVID-19 sont invités à s’adresser d’abord au numéro 1-877-644-4545 afin de désengorger le 811. Selon les recommandations, ils pourraient être redirigés vers ces cliniques plutôt que vers l’urgence.

Ces cliniques, à compter de lundi, seront ouvertes à raison de douze heures par jour, et ce, sept jours par semaine jusqu’à nouvel ordre. Elles visent évidemment à enlever de la pression sur les urgences, souligne M. Hudon.

Par ailleurs, le CIUSSS-MCQ planche actuellement à réévaluer son offre de services afin de s’assurer de pouvoir répondre à l’augmentation de la demande de soins médicaux advenant une multiplication des cas. Les efforts seront donc davantage concentrés vers les services essentiels tels que l’urgence, le bloc opératoire et les soins critiques, mais certaines activités électives ambulatoires, comme des chirurgies non urgentes par exemple, pourraient être reportées afin de maximiser les effectifs sur les services essentiels. La situation est toujours réévaluée au fil de l’évolution des cas détectés et des consignes gouvernementales.

Recommandations

En date de vendredi après-midi, il n’y avait toujours qu’un seul cas confirmé dans la région. Malgré que plusieurs rumeurs aient circulé concernant d’autres cas possibles, la Santé publique soutient que le cas détecté, soit celui de l’employé d’IDE Trois-Rivières, demeure encore le seul et unique cas positif en Mauricie et au Centre-du-Québec.

La Dre Caroline Marcoux-Huard, médecin-conseil à la Santé publique, a d’ailleurs rappelé que les risques de propagation du virus dans la communauté demeurent encore faibles, alors que tous les cas détectés au Québec l’étaient sur des personnes qui venaient de rentrer d’un voyage à l’étranger.

Vendredi, la Santé publique disait élargir à l’ensemble des pays sa recommandation d’un isolement volontaire de 14 jours lors d’un retour de voyage. Toutefois, si la personne est asymptomatique, les personnes habitant le même foyer ou ayant eu des contacts significatifs avec cette personne peuvent continuer à vaquer à leurs occupations quotidiennes. Toutefois, si des signes et symptômes devaient apparaître chez le voyageur, à ce moment la Santé publique déclencherait une enquête épidémiologique afin de retracer ses déplacements, et les personnes ayant été en contact significatif avec elle se verraient suggérer un isolement volontaire.

Dre Marcoux-Huard rappelle que, puisqu’il n’existe ni vaccin ni remède à la COVID-19, les mesures d’hygiène demeurent le meilleur moyen d’éviter la propagation du virus. Ainsi, on recommande de se laver fréquemment les mains avec de l’eau et du savon pendant au moins 20 secondes, ou encore de le faire avec un gel antiseptique. Il est également recommandé de nettoyer les surfaces et les objets que l’on manipule fréquemment, par exemple les cellulaires.

Par ailleurs, lorsqu’on tousse ou qu’on éternue, il faut le faire dans le pli du coude, ou encore dans un mouchoir dont on dispose avant de se laver les mains de nouveau.

La directrice de la Santé publique en Mauricie et Centre-du-Québec, Dre Marie-Josée Godi, explique que bien que les mesures prises par le gouvernement jusqu’ici puissent paraître drastiques, elles visent d’abord à aplanir la courbe de croissance de la propagation du virus. Dre Godi a rappelé qu’en une seule journée, pas moins de 7000 nouveaux cas avaient été recensés à travers le monde, ce qui selon elle est énorme.