La conseillère Renée Amyot a été prise à partie concernant une consultation en ligne dans son quartier où un résident aurait voté 14 fois.

Consultations publiques: la confiance s’effrite

La confiance de la population face au processus de consultation publique de la Ville de Gatineau semble s’effriter depuis qu’elle a été mise à mal dans le dossier des heures d’ouverture des bars dans le centre-ville. Mardi soir, lors du conseil municipal, la conseillère du district Limbour, Renée Amyot, a dû répondre à au moins deux citoyens qui remettaient à nouveau en question la crédibilité et la rigueur des façons de faire de la Ville à ce chapitre.

Mme Amyot a invité, la semaine dernière, les résidents de Limbour à participer à une consultation en ligne concernant le cul-de-sac fonctionnel sur la rue du Sommelier, un dossier qui déchire une partie de son secteur depuis maintenant plusieurs années et pour lequel elle est sur le point de proposer une solution.

Un citoyen de Limbour, Bruno Diab, a pris la parole publiquement pour affirmer qu’il avait été en mesure de voter 14 fois au même sondage, ce qui n’est pas sans rappeler la sortie de Bill Clennett qui avait démontré avoir voté 18 fois à la consultation en ligne sur le prolongement des heures d’ouverture des bars dans le centre-ville. « Est-ce que la Ville est consciente qu’il est facilement possible de répondre plusieurs fois à ce sondage », a demandé M. Diab.

M. Amyot a reconnu qu’elle et la Ville de Gatineau savent qu’il est possible que les gens puissent répondre plus d’une fois à la consultation. « J’ai par ailleurs consulté la direction de la planification stratégique de la Ville qui est responsable de nous appuyer quand on veut organiser une consultation de nos citoyens, a noté la conseillère. Nous savons que ce n’est pas scientifique, mais l’objectif n’est pas de mesurer les pour et le contre, mais de recueillir les préoccupations des gens qui habitent le quartier Limbour. Nous n’avons pas d’office de consultation publique, donc je m’y suis prise de la façon la plus raisonnable et efficace. » M. Diab estime pour sa part qu’il s’agit d’une « défaillance fondamentale » pour un outil de sondage.

Un autre citoyen a demandé à la conseillère si elle avait l’intention d’accorder de l’importance aux résultats qui découleront de l’exercice, même si elle est consciente des lacunes de l’exercice. « Oui, je vais tenir compte de ce qu’on m’aura partagé pour bonifier ou améliorer le projet », a-t-elle précisé.

Quant à la proposition de la conseillère pour dénouer l’impasse qui occupe le district Limbour depuis des années dans le dossier du cul-de-sac du Sommelier, cette dernière n’avait pas de date précise à offrir aux citoyens. « Je vise à le faire le plus rapidement possible, peut-être au prochain conseil, si j’ai le temps de tout analyser, sinon ça ira à un conseil ultérieur », a-t-elle indiqué.