Gatineau a raté l’occasion de dépoussiérer de vieilles règles de contestation des projets de développement, selon plusieurs critiques.

Consultations publiques à Gatineau: les critiques ne datent pas d’hier

Avec le récent débat sur la pertinence de maintenir les référendums permettant aux citoyens de bloquer des projets de développement, Gatineau avait l’opportunité de dépoussiérer ses règles vieilles de 15 ans entourant les consultations publiques, mais elle a plutôt décidé de faire l’économie d’une réforme en profondeur, se désolent des habitués des activités de consultations de la Ville.

Les critiques visant les consultations publiques, à Gatineau, ne datent pas d’hier. En 2014, le Bureau de l’ombudsman de Gatineau (BOG) affirmait, dans un rapport, que «même si le Cadre de référence prévoit une démarche claire et une série de critères pour déterminer quels enjeux justifient l’organisation d’une consultation publique et comment cette consultation doit s’organiser, la procédure prévue n’est pas toujours suivie, au détriment peut-être des citoyens».

Les conclusions du BOG avaient à l’époque reçu une adhésion entière du maire Maxime Pedneaud-Jobin qui avait affirmé publiquement que «les consultations sont bonnes en théorie, mais les pratiques sont à revoir».

À LIRE AUSSI : Les améliorations passeront par l’Office de consultation publique

Sans position du CCU, Blondin rentre dans le rang

Six ans plus tard, les mêmes critiques subsistent. Mario Gauthier, professeur au département de sciences sociales à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et spécialiste dans les démarches collaboratives, presse la Ville de passer à l’action en donnant aux citoyens un véritable impact sur les décisions prises par leur municipalité.

«Ce qui est souvent reproché aux consultations à Gatineau c’est qu’elles sont avant tout symboliques, que la Ville souhaite plus de la participation de façade que de donner une façon aux citoyens d’avoir un réel pouvoir d’influencer les décisions qui sont prises», dit-il. Ce dernier note que la Ville Gatineau est présentement impliquée dans l’important exercice de concordance qui doit donner force de loi aux principes du schéma d’aménagement dans les règlements d’urbanisme. «C’est un exercice fondamental qui aura un impact à long terme et pour lequel les citoyens seront consultés dans la rapidité, ajoute M. Gauthier. Pour un citoyen qui souhaite avoir son mot à dire, ce sera très difficile.»

Bill Clennett, citoyen engagé et un habitué des activités de consultations publiques organisées par la Ville, estime pour sa part que les promoteurs immobiliers arrivent trop facilement à leurs fins.

«Gatineau, c’est comme un gros jeu de Monopoly, lance-t-il. La Ville accepte trop facilement les changements importants demandés par les promoteurs, alors que ça devrait être des mesures exceptionnelles. Le citoyen n’a pas beaucoup de pouvoir là-dessus. La Ville ne semble même pas faire la différence entre une rencontre d’information et une véritable consultation publique. Les règles du jeu doivent être revues en profondeur pour que les citoyens aient un véritable mot à dire dans les projets d’urbanisme.»

MM Gauthier et Clennett ont tous deux salué la recommandation du comité exécutif, la semaine dernière, de conserver le droit des citoyens à recourir à une procédure référendaire pour tenter de bloquer un projet, mais tous deux sont d’avis qu’il ne peut pas s’agir d’une fin en soi.