La Ville de Gatineau a tenu des consultations publiques, mardi soir, concernant le développement durable en urbanisme.

Consultation en urbanisme: Gatineau présente ses mesures vertes

Les citoyens étaient invités à une assemblée publique de consultation en urbanisme, mardi soir à la Maison du citoyen. Ceux qui s’étaient déplacés ont pu faire entendre leur opinion sur des mesures adoptées par la Ville de Gatineau pour favoriser le développement durable.

Ces mesures, adoptées le 19 novembre dernier, visent à réduire les îlots de chaleur, à favoriser les énergies renouvelables, à améliorer la gestion des eaux de ruissellement et à faciliter l’utilisation de voitures électriques. Elles sont déjà en vigueur, mais touchent seulement les nouveaux projets.

Des toits végétalisés vont ainsi commencer à apparaître à Gatineau. « On ne se mettra pas à faire des toits verts sur les maisons », a précisé la présidente de la Commission sur le développement du territoire, l’habitation et l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette, en entrevue avec Le Droit. « On se met à faire des toits verts dans certains cas, sur les grandes surfaces des toits plats. »

Les nouvelles mesures permettent aussi l’installation d’éoliennes domestiques, mais à l’extérieur du périmètre urbain.

Par ailleurs, les maisons devront prévoir des prises de courant de 240 v, où les utilisateurs de voitures électriques pourront installer une bonne de recharge, les parcs de stationnement devront inclure des îlots de verdure et les cours d’école devront comprendre davantage d’arbres.

Finalement, les lave-autos devront installer des systèmes de récupération, de recyclage et de réutilisation de l’eau.

Processus légal

Lors de la période de questions, des entrepreneurs en construction ont fait valoir qu’ils étaient très favorables au développement durable. Ils redoutent cependant une hausse des coûts et craignent de ne pas avoir suffisamment de temps pour s’adapter.

« Ce qu’on a remarqué, c’est qu’il n’y a pas de mesure transitoire prévue au règlement », a noté Shawn Côté, le président de l’Association de la construction du Québec pour la région de l’Outaouais.

« C’est certain qu’il faut que ça avance au niveau du bâtiment vert, a réitéré le promoteur et développeur David Goulet. C’est évident. Malheureusement, il y a encore beaucoup trop de professionnels qui ne sont pas au courant [des nouvelles mesures]. Ça va coincer quelque part. »

Il faut savoir que la Ville mène toutes les consultations que la loi prévoit.

Il faut aussi savoir qu’en se basant sur les commentaires des citoyens, le conseil municipal peut encore modifier le règlement en vertu d’un effet de gel. Il peut ainsi retirer des articles du règlement, mais pas en ajouter. En attendant l’adoption finale du règlement, le 21 janvier, les mesures sont en vigueur telles quelles.

« À partir du moment où le conseil municipal vote en faveur du règlement, a confirmé Mme Marquis-Bissonnette, si un nouveau développement est déposé au service de l’urbanisme, il doit être conforme à la réglementation présentée [mardi soir]. »

Une campagne d’information visant les professionnels, les associations et les promoteurs a déjà commencé, a souligné Mme Marquis-Bissonnette.

« L’objectif, c’est que, le plus rapidement possible, les gens de l’industrie soient au courant. »

+

Benoit Delage, du CREDDO, est favorable aux mesures vertes présentées par la Ville de Gatineau.

UN «GRAND GAIN» POUR LES ARBRES

Benoit Delage, le directeur général du Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais (CREDDO), a réagi favorablement aux mesures présentées mardi soir.

Celui qui a participé aux réflexions avec la Ville de Gatineau reconnaît d’emblée qu’il faut en faire plus : « Est-ce que ça va assez loin ? Non. Mais là où il y a un gain intéressant, c’est pour les arbres. On ne pourra plus faire des stationnements avec quelques arbres. Des cours d’école sans arbre, juste en asphalte, ce ne sera plus possible. Et ça, c’est un grand gain », a commenté M. Delage en entrevue avec Le Droit.

Le CREDDO mise beaucoup sur  les arbres pour lutter contre les changements climatiques à cause de leur rendement « à la piasse ». Pour chaque dollar investi, explique M. Delage, « un arbre va avoir un rendement beaucoup plus intéressant que le toit vert ».

« L’exemple que je donne souvent, c’est Infrastructure Canada, un ministère de béton et de routes. Aujourd’hui, ils financent la plantation d’arbres. Parce que ça donne un meilleur rendement que n’importe quelle infrastructure de béton. »

Les îlots de chaleur, que les arbres permettent de limiter, sont un grand problème, rappelle M. Delage. « Il y a une corrélation directe entre la morbidité et les îlots de chaleur. D’une journée à l’autre, le béton, la brique et l’asphalte retiennent la chaleur et, le soir, libèrent la chaleur. Ce problème de surchauffe amène des problèmes de santé publique chez les populations vulnérables, des problèmes de qualité de l’air parce que les arbres purifient l’air. »

Les arbres facilitent aussi la gestion des eaux pluviales. « Avec des espaces stationnés sans arbre, tout est envoyé directement dans les égouts. »