Par le biais de son site internet, la Ville de Gatineau demande à ses citoyens de remplir un questionnaire sur différents sujets, dont un projet pilote sur le jeu libre dans la rue. Une méthode que conteste un spécialiste de l’UQO.

Consultation en ligne: « La Ville fait croire qu’elle consulte »

La consultation en ligne que mène actuellement la Ville de Gatineau sur le jeu libre dans la rue n’a aucune valeur, estime Mario Gauthier, professeur en sciences sociales à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) et spécialiste dans l’encadrement des consultations publiques.

« Ça m’agace profondément que la Ville fasse croire aux gens qu’elle fait une consultation publique, dit-il. Quand on consulte, on le fait sur quelque chose de clairement identifié. Là, les gens n’ont même pas un document qui explique le projet sur lequel ils sont consultés. On demande aux gens de remplir un questionnaire et on comprend qu’il y a des choses qui préoccupent, mais d’où viennent ces préoccupations ? »

M. Gauthier ajoute que la Ville elle-même admet que son questionnaire n’a rien de scientifique. « On ne sait pas qui va remplir ça, ajoute le professeur de l’UQO. On est loin d’un exercice de consultation publique. Quand on consulte les gens, il faut le faire sur quelque chose de clair. Il faut informer les gens de la façon dont leur opinion sera prise en considération dans la décision. Honnêtement, je vois bien mal comment une telle consultation pourrait éclairer le conseil municipal dans sa décision. »

La Ville de Gatineau aurait avantage, selon M. Gauthier, à revoir toute sa politique de consultation publique. « Québec vient de permettre aux villes de se retirer des référendums à condition qu’elles se dotent d’une politique de consultation publique, note-t-il. Gatineau a une telle politique, mais elle doit être revue parce qu’à la lumière de ce qu’on observe, Gatineau consulte sans véritable repère. »

Le directeur des communications de la Ville de Gatineau, Jean Boileau, reconnaît que l’exercice n’a pas de valeur scientifique, mais il ajoute qu’il s’agit d’un outil parmi d’autres. Le comité de la sécurité publique et la commission Gatineau, ville en santé ont été consultés, précise-t-il. 

« C’est un mode de consultation, dit-il. Il permet de connaître la position des citoyens. Le sondage a été préparé par la commission Gatineau, ville en santé et par le service de la planification stratégique. Les résultats serviront à la commission et à l’administration dans la prise de décision. »