Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a pu entendre ce que les citoyens avaient à dire sur les inondations.

Consultation avec les sinistrés des inondations: encore trop de questions

La Ville de Gatineau a songé à ne pas tenir sa série de quatre soirées de consultation avec sinistrés des inondations puisque beaucoup de questions sur les causes réelles des crues printanières demeurent sans réponse et qu’ainsi des solutions à apporter pour atténuer les risques pourraient ultimement s’avérer futiles, a avancé Maxime Pedneaud-Jobin.

Le secteur Aylmer accueillait lundi la première de quatre soirées de consultation visant à recueillir les suggestions des sinistrés en vue d’atténuer ou de réduire les risques d’inondation.

Cependant, le maire Pedneaud-Jobin et des citoyens cherchent toujours à connaître le rôle joué par les compagnies d’électricité et la Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais dans la gestion des eaux le long des rivières lors des crues printanières historiques de 2017 et de 2019.

La Commission et Hydro-Québec ont récemment indiqué que la gestion des réservoirs n’est pas à blâmer dans les inondations, mais le scepticisme demeure chez des citoyens.

M. Pedneaud-Jobin a rappelé devant environ une centaine de personnes présentes à la soirée de lundi que la Ville de Gatineau et plusieurs autres villes ont demandé une commission indépendante sur la gestion des barrages, et qu’aucune réponse concrète n’a été offerte par Québec.

« Si on veut avoir des solutions, il faut que l’on connaisse tout ce qui s’est passé, pas juste les barrages. L’eau venait d’où ? Est-ce juste la neige ? Juste la pluie ? Un cocktail de tout ça ? Est-ce que ce sont les barrages ? Il faut que l’on comprenne tout ça pour être capable de prendre les décisions les plus efficaces possible », a-t-il expliqué.

Bien que des personnes aient conseillé au maire de mettre ces soirées de consultation sur la glace, celui-ci croit toutefois qu’elles ont du mérite puisqu’il est important de prendre en note ce que les citoyens et les experts ont à dire. Certains citoyens ont d’ailleurs suggéré la construction de digues ou de murets, ou de surélever des maisons.

« Si un hydrologue nous dit que l’eau arrive du sous-sol, ça veut dire que nous aurons perdu du temps sur des discussions concernant une digue. Mais j’aime mieux être préparé. Je veux que Gatineau, quand on arrive devant le gouvernement, qu’on soit les meilleurs au Québec pour parler concrètement des problèmes qu’on a vécus », a partagé M. Pedneaud-Jobin.

Claude Nobert, membre fondateur de la Coalition des riverains de la rivière des Outaouais, a indiqué qu’il appuie l’initiative de la Ville de Gatineau malgré qu’encore aujourd’hui, a-t-il précisé, les citoyens ignorent toujours « les causes scientifiques » des inondations.

« Ça rend l’exercice un petit peu périlleux parce qu’on aimerait cibler des solutions précises. Mais comme on ne connaît pas les causes, c’est difficile de s’aventurer là-dedans, d’autant plus que la zone d’intervention spéciale (ZIS) nous empêche de faire des travaux en ce moment », a indiqué M. Nobert.

« C’est très frustrant pour les gens puisqu’ils ne savent pas à quoi s’attendre », a-t-il ajouté.

Les autres soirées de consultation sont le 27 novembre au centre de services de Masson-Angers, le 3 décembre à la polyvalente Le Carrefour pour les résidents du secteur du boulevard Hurtubise, et le 4 décembre à la polyvalente Le Carrefour pour les citoyens du Vieux-Gatineau, de la Pointe-Gatineau et de la rue Cartier.