Le Centre sportif de Gatineau

Construction rénovation SM au bord du gouffre

L'interminable querelle juridique entre la Ville de Gatineau et l'entrepreneur général Decarel, responsable du chantier du Centre sportif, est sur le point de faire une victime collatérale en ayant raison d'une compagnie toujours en attente de se faire payer, a appris LeDroit.
Construction rénovation SM n'a toujours par reçu ce qui lui est dû pour ses trois derniers mois de travail sur le chantier en 2010. L'entreprise de Stéphane Guénette était chargée de faire le coffrage et l'installation du béton du Centre sportif de Gatineau. Decarel lui doit toujours une somme de 445 000 $, soutient M. Guénette.
«Je n'y arrive plus, dit-il. Je suis incapable de payer les 600 000 $ d'arrérages et les pénalités exigées par le gouvernement. Mes véhicules et mes équipements ont été saisis. Mon numéro de TVQ a été retiré. Je ne peux plus opérer. Le gouvernement procédera à la vente de mes véhicules le 29 janvier. Il ne me reste qu'à faire faillite, me mettre sous la loi de la protection avec les créanciers afin de gagner un peu de temps et tenter de trouver un moyen de faire une proposition.»
Une trentaine de travailleurs perdront leur emploi si Construction rénovation SM déclare faillite.
75 000 $ en frais juridiques
Le gouvernement n'a en aucun temps pris en considération que l'entreprise de M. Guénette n'avait pas été payée pour tout le travail accompli.
«J'ai payé tous mes employés et la CCQ, mais je ne pouvais pas payer les remises courantes, explique l'entrepreneur. Le gouvernement m'a imposé des pénalités de 15% sur lesquels se sont accumulés des intérêts. C'est comme si le gouvernement me demandait de l'argent sur une somme qu'il refuse lui-même de me donner. La Ville refuse de payer Decarel qui refuse de me payer.»
M. Guénette a déjà dépensé près de 75 000 $ d'avocats dans des poursuites intentées contre Decarel et la compagnie d'assurance AXA, mais son dossier est loin d'être réglé.
«Les avocats ont mis la pédale douce, dit-il. Tout le monde est en attente d'un règlement entre Decarel et Gatineau. J'ai l'impression que le gouvernement souhaite laisser traîner les choses afin que des plus petits comme moi soient dans l'obligation de faire faillite. Quand nous serons assez nombreux à ne plus être dans le portrait, Gatineau pourra régler pour un montant moindre. Le gouvernement devrait au moins reconnaître la situation et cesser de m'obliger à payer de l'intérêt sur des sommes que je lui dois parce qu'il refuse de me payer.»
Jusqu'à maintenant, Gatineau a versé 43 des 47 millions$ dus à Decarel, retenant toujours 4 millions $, soit un peu moins de 10% du prix du contrat.
Decarel a déposé une poursuite de 27 millions $ contre la Ville de Gatineau en février 2011. Selon l'entrepreneur, la Ville est responsable des retards et des dépassements de coûts lors de la construction du centre sportif.
La Ville a répliqué avec une poursuite contre le constructeur pour 9 millions $. Cette contre-attaque en dommages et intérêts vise l'entrepreneur général Decarel et la compagnie Axa Assurances.