Le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin

Consensus pour une transparence à Gatineau

Les élus de Gatineau semblent avoir trouvé un terrain d’entente afin de régler l’épineux dossier des huis clos.

À sa sortie du lac à l’épaule tenu de mercredi à vendredi au Moulin de Wakefield, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, s’est dit satisfait de «l’accord de principe» conclu par le conseil aux termes de deux journées entières d’échanges.

«Pour moi, les objectifs du lac à l’épaule ont été atteints», a déclaré le maire, lors d’un point de presse.

Le conseil municipal en est arrivé à un consensus sur certains enjeux précis, a fait savoir M. Pedneaud-Jobin. D’abord, le rôle des comités et commissions sera révisé afin de donner aux groupes de travail plus de poids dans le débat public.

«Les comités et commissions prendront une place plus grande comme espace de transparence et de débat public. Il y a des discussions qui vont commencer plus longtemps en amont à travers les comités et commissions publiquement. Des fois, on arrivait aux pléniers, on avait une discussion et on prenait une décision le même jour sans qu’il y ait eu d’espace public de débat. Cette façon de faire là va selon moi enrichir le débat démocratique», a indiqué M. Pedneaud-Jobin

Le suivi du programme du conseil, traditionnellement fait par le maire, sera par ailleurs élargi à un plus grand nombre d’élus.

«On va créer un comité de programme où les présidents et présidentes de commissions vont s’asseoir avec le maire et vont regarder le plan d’action pour livrer le programme», a commenté le magistrat.

En ce qui concerne les huis clos, les rencontres de travail et présentations faites avec les fonctionnaires vont demeurer derrière des portes closes, a indiqué M. Pedneaud-Jobin, dans le but de continuer à «protéger les fonctionnaires.» Les médias et la population auront toutefois accès à la nature du sujet discuté lors de ces rencontres.

«Ça prend des espaces comme ça, sachant que la décision elle-même va se prendre en public. Là où il va y avoir un changement, c’est que les sujets qui vont faire l’objet d’une rencontre de travail, eux vont être publics», a expliqué M. Pedneaud-Jobin.

Boudrias satisfaite

La conseillère Louise Boudrias, qui a souvent critiqué ce qu’elle considérait comme «la culture du huis clos» à Gatineau, s’est dite somme toute heureuse du dénouement de ce lac-à-l’épaule, même s’il y a eu des compromis à faire.

Le fait de diffuser publiquement les sujets des huis clos améliorera grandement la transparence de l’administration, selon elle.

«Les sujets qui vont être discutés en session de travail, c’est un gain. Ce que ça veut dire, c’est que si je ne suis pas d’accord sur un dossier ou si je veux aller ailleurs ou aller chercher le pouls de la population, je pourrai en parler publiquement», a-t-elle réagi.

«J’ai l’impression que le conseil a repris le contrôle sur sa Ville. Ce sera beaucoup plus des orientations qui sont données par le conseil municipal au lieu d’être des recommandations qui sont proposées par notre administration», a-t-elle ajouté.

Les décisions prises lors de la retraite fermée devront faire l’objet de débats publics et de votes à la table du conseil puisque certains changements seront effectués dans les statuts et règlements. Les premières modifications devraient être traitées au début 2019, souhaite le maire de Gatineau.