La direction de la STO accuse les syndiqués de bloquer l'accès au travail d'employés qui ne sont pas syndiqués.

Conflit à la STO: le fossé se creuse

Le ton s'est durci le matin, s'est adouci en après-midi, et s'est durci à nouveau quelques heures plus tard, dans le conflit qui sévit à la Société de transport de l'Outaouais (STO)
La journée de mercredi a débuté avec une dénonciation judiciaire en règle, dirigée vers le syndicat des chauffeurs. En après-midi, les deux parties ont échangé une poignée de main à l'extérieur d'une salle de cour, alors que l'employeur voulait empêcher les syndiqués de répéter des gestes qu'elle qualifie d'intimidants. Puis, en toute fin de journée, le président syndical a accusé la STO de gaspiller les fonds publics de manière « éhontée ».
Il y aura quand même grève des chauffeurs et des employés d'entretien jeudi, mais il est permis de croire que les gestes d'intimidation que prête la direction aux syndiqués ne se reproduiront pas.
Requête en injonction
En début de journée mercredi, la STO a déposé une requête en injonction à la Cour supérieure pour forcer les manifestants syndiqués à changer de ton lors de leurs manifestations. 
Une entente hors cour est intervenue quelques heures plus tard au palais de justice de Gatineau. Elle prévoit que les manifestants ne bloqueront pas l'accès aux autres employés qui ne sont pas touchés par ce conflit de travail.
Le juge Pierre Dallaire a d'ailleurs félicité les avocats de la STO et du syndicat pour avoir trouvé un terrain d'entente avant de devoir débattre sur la demande d'injonction.
La direction souhaitait forcer les manifestants à se tenir loin de ses installations, et de faire cesser tout « harcèlement, entrave, contrainte, intimidation ou quelque geste de provocation » envers quiconque doit se rendre dans ses locaux, lorsque les employés sont sur la ligne de piquetage.
La direction veut éviter la répétition d'incidents, qu'elle juge fâcheux, s'étant produits lors des journées de grève des 16 et 21 mars derniers. 
Dans sa requête finalement mise sur la glace, la direction de la STO alléguait que des manifestants ont bloqué l'accès au point de service du 111, rue Jean-Proulx et du centre d'entretien et d'exploitation du 708, boulevard des Affaires, à Gatineau.
Il est allégué que des employés non visés par la grève « ont mis jusqu'à 45 minutes afin de traverser la ligne de piquetage ».
Le 16 mars, vers 5 h 40, des manifestants auraient immobilisé un autobus requis dans le cadre d'une intervention d'urgence ailleurs dans la ville. « Ce n'est qu'après l'intervention des policiers que l'autobus a réussi à franchir la ligne de piquetage après 20 minutes. »
Des propos injurieux
Des membres du syndicat sont accusés d'avoir tenu des propos « arrogants et injurieux » a l'égard d'autres employés n'étant pas en conflit de travail.
Le 16 mars, un des représentants syndicaux, Tristan Déziel-Huppé, aurait apporté des sacs à ordures sur le terrain de la rue Jean-Proulx, pour les déposer près de la sortie des autobus.
Un peu plus tard, sur le boulevard des Affaires, des manifestants « se sont approchés des fenêtres de la bâtisse afin de tenter d'intimider les employés qui se trouvaient à l'intérieur ».
La requête en injonction visait le Syndicat des chauffeurs et des employés d'entretien, ainsi que ses huit représentants, dont le président Félix Gendron. Au palais de justice, le vice-président, Guy Gosselin, s'est dit satisfait de cette entente hors cour, ajoutant qu'il espérait maintenant trouver une entente sur une nouvelle convention collective.
Puis, une heure plus tard, Félix Gendron a déploré, par communiqué, « le fait que la STO ait choisi, encore une fois, de favoriser la voie judiciaire (...) plutôt que de discuter avec le Syndicat ».
M. Gendron ajoute plus loin que le geste de la STO « provoque un climat non propice à la négociation et engendre un gaspillage éhonté des deniers publics (...) Le Syndicat se félicite d'avoir pu négocier une entente hors cour dans ce dossier et espère que l'entente intervenue cet après-midi inspire les représentants de la STO ».