Du dépistage se tiendra un peu partout à Gatineau jusqu’au 2 août prochain, pour identifier les raccordements fautifs aux conduites d’égout.

Conduites d'égout: de la fumée qui en dit long

Si vous regardez par la fenêtre un matin et que de la fumée s’échappe d’un puisard, ce ne sont pas les Tortues Ninja qui ont choisi leur nouveau pape. Ce n’est qu’un test réalisé par un entrepreneur de la Ville de Gatineau. Du dépistage se tient un peu partout en ville depuis lundi, jusqu’au 2 août prochain, pour identifier les raccordements fautifs aux conduites d’égout.

« Le principal objectif est d’éliminer la contamination de nos cours d’eau et de nos lacs », affirme le directeur adjoint du service des infrastructures de la Ville, Louis-Charles Désy.

Ces examens préliminaires consistent essentiellement à projeter de la fumée non toxique dans les égouts et constater d’où elle s’échappe, une section de rue à la fois.

Des employés de la Ville de Gatineau évaluent la situation des conduits au coin des rues Normandie et François-de Lévis, dans le quartier Mont-Bleu.

Si la fumée est projetée dans le réseau pluvial, en théorie, on devrait la voir s’échapper uniquement des puisards. 

Les techniciens de la firme embauchée par la Ville, EnviroServices, vérifient toutefois l’évent de toutes les maisons du périmètre ciblé. 

Si de la fumée s’y échappe, c’est signe qu’une partie du réseau sanitaire du bâtiment est raccordée aux égouts pluviaux.

M. Désy insiste cependant pour dire que les essais à la fumée sont en fait un dépistage préliminaire. 

D’autres tests doivent être réalisés auprès des résidences ciblées pour confirmer qu’il y a bel et bien un raccordement inversé. 

Si ça se confirme, il ne faut pas présumer que le propriétaire est responsable de la situation.

« Gatineau a été créée à la suite de la fusion de cinq municipalités et chacune d’entre elles avait ses propres règlements, explique Louis-Charles Désy. Des municipalités avaient des inspections, d’autres non. Ça peut être carrément une erreur humaine aussi. Le monde ne portait pas trop attention à ça. »

Le directeur adjoint du service des infrastructures soutient que son service planche sur des critères pour établir le partage des coûts pour la réparation des mauvais raccordements. 

Cette politique sera présentée d’ici quelques mois au conseil municipal.

Avant de se pencher sur les frais rattachés à tous ces travaux, la recension des raccordements inversés doit être complétée. 

La Ville de Gatineau, en fonction d’une entente avec Québec pour le financement d’infrastructures diverses, a cinq ans pour y arriver.

« Le gouvernement du Québec estime qu’il y a entre 1 % et 2 % des résidences qui représentent un problème, affirme M. Désy. C’est très long. C’est quelque chose qui va prendre plusieurs années, mais c’est une obligation qu’on a. »