Dans le cadre d'une campagne intitulée Aucune magie là-dedans !, la Ville rappelle à la population qu'il est interdit de jeter de tels déchets dans les eaux usées.

Condoms, dentiers et vibrateurs dans les eaux usées

Rien de ce qui est jeté ne disparaît comme par enchantement. C'est le message de sensibilisation que lance la Ville de Gatineau à ses citoyens, qui sont encore très nombreux à considérer les éviers et les toilettes comme de véritables poubelles. Les détritus qui s'y retrouvent ont de quoi étonner.... et donner des haut-le-coeur.
Lors d'une visite dans les coulisses des opérations de l'usine de traitement des eaux usées sise sur la rue Notre-Dame, mercredi, les médias ont pu découvrir à quel point les détritus - condoms, lingettes pour bébés, tampons, peinture et graisse alimentaire, pour ne nommer que ceux-là - ont des répercussions notables sur le réseau d'épuration. Ces installations qui datent de 35 ans traitent les eaux des secteurs Aylmer, Gatineau et Hull, où résident au-delà de 90 % de la population.
Dans le cadre d'une campagne intitulée Aucune magie là-dedans !, la Ville rappelle à la population qu'il est interdit de jeter de tels déchets dans les eaux usées. Ceux-ci se rassemblent au bout du processus en d'immenses mottes qui doivent être systématiquement retirées car ils occasionnent régulièrement une obstruction du réseau. Bon an mal an, pas moins de 200 tonnes métriques de ces amas de détritus à l'odeur nauséabonde et à l'allure répugnante sont recueillies par les cols bleus de l'usine.
« Tous ces items, on ne peut pas les traiter. Ce sont des flottants, ce sont des choses qui ne dégradent pas et qui créent des blocages. [...] On fait un dégrillage. Il y a plusieurs points de cueillette de ces détritus-là, mais il en passe toujours un peu vers la fin dans le procédé de traitement de la boue. Ça bloque et ça brise certains équipements de brassage. Les cheveux ou la soie dentaire que les gens déposent dans les toilettes finissent par former des mottes en raison de la présence des gras alimentaires, comme le beurre ou la graisse de bacon. C'est ce qui fait que tout colle ensemble. C'est de la nuisance pure et dure », affirme le chef de la division des usines et du traitement des eaux au Service de l'environnement, Guy Crégheur.
Lorsque ces amas de détritus mènent au bris de certaines pièces d'équipement, chose qui peut arriver quelques fois par année, la facture peut atteindre quelques dizaines de milliers de dollars, précise-t-il. 
À son avis, tout passe par l'éducation. Il y a beaucoup d'alternatives à la disposition des citoyens pour diminuer les rejets d'égouts de ce type, même s'il n'existe aucun moyen - autre que la conscientisation - pour forcer les gens à obéir aux règles. Il y a, par exemple, le compostage, les ordures ménagères et le recyclage. Les citoyens sont aussi invités à consulter le moteur de recherche Info D-TRI-TUS sur le site web municipal.
« Pourquoi les gens n'ont pas compris ? Je ne le sais pas. J'aimerais bien le savoir. Si j'avais une boule de cristal, je pourrais peut-être vous le dire », mentionne M. Crégheur, ajoutant que ces déchets prennent par la suite la direction du site d'enfouissement.
Dans certains secteurs, des accroche-portes ont été distribués aux résidents parce que le message semble être plus difficile à saisir, par exemple à Masson-Angers, où une pompe dilacératrice a dû être installée en amont pour hacher les lingettes jetées par les gens. Le quartier Cheval-Blanc a également été visé et la sensibilisation a rapidement porté ses fruits, selon la Ville. 
Au palmarès des items le plus inusités découverts dans les eaux usées de Gatineau, qui demeurent malgré tout des exceptions à la règle, on retrouve entre autres des dentiers, de petits animaux morts, des vibrateurs et des sous-vêtements. 
Pour pallier encore plus efficacement à la problématique des détritus, la Ville prévoit acquérir un nouveau dégrilleur fin au coût de 4,4 millions $ en marge des travaux de restauration de l'usine de la rue Notre-Dame, qui doivent s'amorcer cet été et prendre fin en 2020. Les investissements de 80 millions $ visent à rehausser la capacité de la station en raison de la croissance démographique de Gatineau.