Aglaé Boucher-Telmosse et Geneviève Carrier d’Enviro Éduc-Action encouragent les pratiques écoresponsables. «De plus en plus d’écoles prennent ce virage», note Mme Carrier.

Comment recycler les déchets de construction?

Si l’Outaouais veut réellement prendre le virage de l’économie circulaire et réduire l’empreinte écologique qu’elle laisse en raison de ses déchets, elle devra trouver une façon de réutiliser les milliers de tonnes d’agrégats de construction qu’elle produit chaque année et qui s’accumulent dans les dépotoirs.

Il s’agit là de l’un des principaux constats qui ont émergé de la première rencontre régionale sur l’économie circulaire en Outaouais qui s’est tenue à Gatineau, le 31 janvier dernier.

Un diagnostic territorial réalisé conjointement par le Conseil régional de l’environnement et du développement durable (CREDDO) et le Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTÉI) auprès de 140 entreprises, en 2017, a révélé qu’environ 40 % des résidus industriels produits en Outaouais étaient des agrégats de constructions, à savoir du béton et de l’asphalte. Toutefois, seulement un peu plus de 3 % de ces résidus sont réintroduits régionalement dans la fabrication d’autres matières comme de l’asphalte recyclé.

« Il se fait un peu d’asphalte recyclé, mais très peu, note Christelle Guibert, chargée de projet en gestion des matières résiduelles au CREDDO. La Ville de Gatineau étudie présentement la possibilité d’emboîter le pas à cette méthode. »

L’organisme Synergie Outaouais qui travaille à implanter l’économie circulaire dans la région cible trois autres champs d’actions prioritaires pour 2018, à savoir les résidus agricoles, les résidus de l’industrie du bois et les déchets du secteur agroalimentaire. Un comité doit être mis sur pied au cours des prochaines semaines afin de réunir tous les intervenants concernés et intéressés à la réintégration de ce type de déchets dans la région. De fait, les matières résiduelles d’origine bio alimentaire représentent environ 8 % des rejets du secteur industriel de la région, mais seulement 1 % de tout ce qui est produit est réutilisé.

« Ces résidus peuvent être réintégrés dans certaines entreprises agricoles ou agroalimentaires spécialisées, ou éventuellement dans une infrastructure régionale de biométhanisation », explique Mme Guibert. La Ville de Gatineau et les MRC évaluent présentement la possibilité de se doter d’une telle infrastructure. Cela éviterait éventuellement à la région de devoir transporter ses déchets à grands frais dans des sites d’enfouissement.

Inévitable
L’an passé, 375 tonnes de matières résiduelles ont été échangées par les entreprises industrielles de la région. Ces échanges ont atteint une valeur de 60 000 $ et permis d’éviter la production de 135 tonnes de gaz à effet de serre. « L’économie circulaire est logique pour le futur, indique Mme Guibert. Il y aura une période de transition, mais elle est inévitable en raison de la raréfaction des ressources et la volonté de se réorganiser localement. Il y a déjà beaucoup de projets dans le monde qui peuvent être intégrés ici. »

Plus de compostage dans les écoles de Gatineau

Moins de la moitié des établissements d’enseignement sur le territoire de la Ville de Gatineau ont adhéré à la collecte du compostage l’an passé. La performance devrait toutefois être à la hausse, en 2018, alors que le service est maintenant offert gratuitement par la municipalité. 

Plusieurs dizaines d’intervenants dans le milieu scolaire étaient réunis, lundi, par l’organisme Enviro Éduc-Action afin de faire le point sur la situation et proposer des solutions pour qu’un plus grand nombre d’établissements emboîtent le pas. 

«Auparavant, il y avait un enjeu de coût pour les commissions scolaires parce que la collecte n’était pas gratuite, explique Geneviève Carrier, directrice générale d’Enviro Éduc-Action. Cet enjeu vient de disparaître. Cela devient donc une façon pour les établissements et surtout les commissions scolaires de dégager des économies.» Il reste, par ailleurs, deux ans au réseau de l’éducation pour se conformer aux nouvelles règles qui entreront en vigueur en 2020 et qui interdiront l’enfouissement des matières résiduelles putrescibles. 

Mme Carrier précise que les établissements cherchent aussi des solutions aux enjeux de ressources humaines liés au tri des déchets dans les écoles. «Les professeurs, les concierges, les directions, tout le monde doit être dans le coup pour que ça fonctionne, dit-elle. Souvent, la pression va venir des étudiants eux-mêmes qui ont des attentes élevées envers les directions d’écoles et qui veulent faire du compostage comme à la maison. De plus en plus d’écoles veulent prendre ce virage.»

Les discussions de lundi auront permis le partage de connaissance et d’outils visant à favoriser une meilleure gestion des matières résiduelles dans le réseau d’enseignement primaire, secondaire et postsecondaire sur le territoire de la Ville de Gatineau.