Cette année, la Ville de Gatineau investit 83 millions dans 123 chantiers répartis sur son territoire.

Combien de ces chantiers seront complétés?

Avec le début de l’été, à Gatineau, revient la traditionnelle conférence de presse pour annoncer les investissements annuels dans les infrastructures. La Ville investit, cette année, 83 millions $ dans quelque 123 chantiers de toutes sortes à la grandeur de son territoire.

« On informe les citoyens de la hauteur des investissements et de la nature des travaux auxquels on s’attend pour entretenir et rénover nos infrastructures municipales qui ont besoin d’amour et d’attention, a indiqué le président du comité exécutif, Gilles Carpentier. Ne pas faire ces entretiens mettrait à risque la pérennité des infrastructures. »

Ce qui est plus difficile de savoir c’est quelle proportion de ces travaux d’infrastructure seront réellement mis en chantier et complétés cette année.

Par exemple, l’an passé, 126 millions $ ont été annoncés en travaux d’infrastructures de toutes sortes, d’égouts, d’aqueducs, d’asphaltage et d’aménagements de parcs.

Le président du comité exécutif, Gilles Carpentier, a précisé que les investissements réels avaient finalement été de 77 millions $ en 2017.

De la centaine de projets annoncés vendredi pour 2018, 14 étaient prévus l’an passé, et 22 autres l’étaient depuis encore plus longtemps.

M. Carpentier parle de ces chantiers comme de « travaux en démarrage ». Cela veut dire que les Gatinois ne verront probablement pas la fin de tous ces travaux cette année. Dans certains cas, ils n’en verront même pas le début. Le portrait sera plus clair lors du bilan fait à l’automne.

Cette situation rappelle que le conseil municipal est encore dans l’attente d’un important rapport du directeur des infrastructures sur la capacité de son service de livrer les projets qui sont planifiés et financés. Le manque de ressources humaines pour réaliser les carnets de commandes a souvent été pointé du doigt dans les dernières années. « J’ai eu une mise à jour la semaine passée, a indiqué M. Carpentier. On m’indique qu’au retour des vacances, à l’automne, l’analyse sera présentée et des solutions seront proposées et le conseil pourra éventuellement se pencher sur cet enjeu. »

Centre-ville
Le conseiller Cédric Tessier a souligné que les travaux de revitalisation se poursuivaient cet été dans le centre-ville. La Ville a récemment signé une entente avec Vidéotron, Bell et Gazière pour réaliser l’enfouissement des fils et relocaliser certaines conduites de gaz. Gatineau a obtenu une subvention de 5 millions $ d’Hydro-Québec pour la réalisation de travaux qui totaliseront 7,5 millions $.

Asphalte
L’état du réseau routier des Gatinois n’a plus besoin de présentation. M. Carpentier admet qu’il se détériore d’année en année, malgré les améliorations qui lui sont apportées. Un montant de 20 millions $ sera consacré à étendre de l’asphalte sur environ 20 kilomètres de rue cette année. Un montant de 250 000 $ a aussi été réservé pour colmater des fissures qui apparaissent dans les rues refaites il y a moins de dix ans.

EAU BRUNE : LA VILLE SERT LA MÊME EXCUSE DEUX ANS DE SUITE

Gatineau retarde d’une autre année la réalisation de son programme pour régler le problème d’eau brune qui afflige des milliers de citoyens aux quatre coins de la ville. 

L’engagement phare du budget 2017 était la création d’un programme de 50 millions $ sur dix ans pour enrayer l’eau brune. La première phase des travaux était prévue à l’été 2017. 

Elle consistait à remplacer une conduite d’aqueduc de 900 mètres du chemin Vanier, entre le chemin d’Aylmer et le boulevard Lucerne. La ville a expliqué au Droit, l’été dernier, devoir repousser d’un an les travaux en raison d’une consultation publique réalisée en avril 2017 qui servait à déterminer si les résidents concernés voulaient ajouter un égout sanitaire sur leur rue en payant une taxe d’amélioration locale. Les citoyens ont finalement refusé. 

Le programme pour régler le problème de l’eau brune à Gatineau est retardé.

Le Droit a voulu savoir, vendredi, si les travaux prévus initialement auraient finalement lieu cet été, avec un an de retard, et la réponse de la direction des infrastructures a été « non, pas cet été, ce projet est en plans et devis et sera réalisé l’an prochain ».

L’administration, comme l’an passé, a affirmé que la consultation publique organisée en 2017 était la raison qui forçait la Ville à repousser encore d’un an les travaux. 

Le programme de 50 millions $ prévoyait pour l’année 2018, des investissements de 6,45 millions $ pour faire le bouclage d’aqueduc dans divers impasses et culs-de-sac dans le secteur Aylmer. 

Six autres millions devaient être dépensés l’an prochain. Ces travaux seront aussi décalés dans le temps.


PAS DE PISCINE À MASSON-ANGERS

Les résidents de Masson-Angers devront se passer de la piscine Jack-Eyamie pendant tout l’été. Alors qu’une importante canicule s’abat sur la région, la Ville de Gatineau informe la population du secteur qu’elle ne pourra pas aller se rafraîchir dans cette piscine. 

« Une analyse a confirmé la nécessité de travaux importants, précise la Ville. L’état de la piscine présente des enjeux de sécurité pour la population. Un bris important a été découvert lors de la préparation du printemps. » Une présentation sur l’état des piscines extérieures de la Ville a été faite aux élus, à huis clos, la semaine dernière. 

Un rapport commandé à la firme Planifika sur l’état des piscines extérieur est aussi entre les mains de l’administration depuis plusieurs années, mais n’a toujours pas été rendu public.