La conseillère municipale Audrey Bureau participe à une cinquantaine d’assemblées générales de toutes sortes au cours d’une année et ce qu’elle a observé à la coopérative d’habitation Haute-Rive l’a préoccupée.

Climat d’intimidation durant une assemblée générale

« C’est la première fois que je voyais quelque chose comme ça. De toute ma vie, je n’avais encore jamais vu un climat aussi intimidant lors d’une assemblée générale. »

La conseillère municipale de Gatineau, Audrey Bureau, participe à une cinquantaine d’assemblées générales de toutes sortes par année. Parfois à titre de présidente d’assemblée, parfois comme simple observatrice. Ce qu’elle a observé, en avril dernier, lors de l’assemblée générale annuelle de la coopérative d’habitation Haute Rive d’Aylmer, l’a vivement préoccupée.

La rencontre à laquelle assistait une quarantaine de personnes était présidée par Robert Gratton, qui est aussi trésorier et gestionnaire de la coopérative.

« Le climat était très tendu, note Mme Bureau. Avant même l’ouverture de l’assemblée, il y a eu des discours de deux administrateurs, dont M. Gratton, qui m’ont semblé assez intimidants. Je décrirais ça comme quelque chose qui s’apparente à de l’intimidation envers les gens présents. L’objectif de ces discours était de justifier les façons de faire de la coop et l’approche dure qu’ils doivent maintenir. Ça m’est apparu comme très irrégulier, très particulier. La table était mise pour une assemblée générale assez atypique. »

C’est toutefois lors de l’adoption de l’ordre du jour que Mme Bureau a véritablement observé que quelque chose clochait, selon elle, lors de cette assemblée.

Elle raconte que M. Gratton a fait adopter l’ordre du jour de manière très précipitée, sans donner la chance aux gens d’ajouter des éléments de discussion.

« C’est ce qui m’a vraiment inquiétée, affirme-t-elle. C’était carrément de nature à défavoriser et décourager les gens qui souhaitaient exercer leur droit. Pour quelqu’un qui n’est pas habile ou à l’aise à faire valoir ses droits, ou qui n’est pas très familier avec les procédures d’assemblées délibérantes, c’était très intimidant. Ça respectait la procédure, mais je dirais que c’était habilement mené pour éviter de permettre aux gens qui le souhaitaient de faire valoir leurs droits ou leurs griefs. Ce qu’on observe habituellement dans ce type d’assemblée, c’est de la flexibilité propice à permettre aux gens de s’exprimer. »

Lorsque confronté par Le Droit sur sa façon de présider cette assemblée générale, Robert Gratton a commencé par affirmer qu’Audrey Bureau « n’avait pas d’affaire là, [qu’] elle n’avait pas demandé la permission ».

Mme Bureau contredit cette affirmation. M. Gratton affirme n’avoir aucun souvenir que cette assemblée générale ait été tendue. « Je conteste ça, insiste-t-il. Tout a été fait dans les règles de l’art. Le président de la coopérative fait toujours un gros discours sur le manque de participation et tout ça, mais rien ne clochait dans cette réunion. L’assemblée générale s’est déroulée comme il faut. Le procès-verbal le prouve. Il n’y a rien de croche là. »

M. Gratton n’avait pas d’autre commentaire à faire sur cet événement. « Ce n’est pas vrai », a-t-il ajouté.