Les chiens dangereux sont impliqués dans 56 des 91 cas de morsures de chiens survenus à Gatineau du 1er janvier au 1er décembre 2018.

Chiens potentiellement dangereux: Gatineau peine à faire respecter son règlement

Malgré l’existence d’une réglementation sur les chiens potentiellement dangereux, la Ville de Gatineau peine à en assurer l’application, au grand dam de bien des élus. L’administration municipale devra donc de nouveau analyser le dossier et proposer « des pistes de solution » au conseil au printemps prochain.

Comme toujours, le débat sur l’encadrement des chiens potentiellement dangereux sur le territoire gatinois a suscité de vives réactions chez les élus, réunis mardi en comité plénier.

Le service de police proposait le statu quo dans ce dossier, en attendant de connaître les dispositions réglementaires de la nouvelle loi provinciale. À l’heure actuelle, les Gatinois propriétaires de chiens de type pitbull (y compris le staffordshire et l’american staffordshire bull terrier) doivent respecter diverses obligations. Stérilisation, vaccination contre la rage, identification, port d’une muselière en dehors du domicile et cours de base en dressage et obéissance font partie de ces obligations.

Les chiens de toute race à l’origine d’une morsure ou d’une attaque sont également considérés « potentiellement dangereux » en vertu de la réglementation municipale.

Le hic, ont déploré plusieurs conseillers, c’est que la Ville ne réussit pas à assurer le respect des règles en place.

En date du 1er décembre, Gatineau dénombrait 91 cas de morsures de chiens sur son territoire depuis le début 2018. Du lot, 56 incidents impliquaient des chiens potentiellement dangereux.

« C’est énorme, a souligné la conseillère du district de Limbour, Renée Amyot. Une morsure de caniche et une morsure de chien potentiellement dangereux, on n’est pas dans les mêmes dégâts, pas du tout. »

Mme Amyot fait partie des élus ayant tenu à prendre la parole pour dénoncer que la Ville n’a « pas les moyens » de faire appliquer sa propre réglementation. « C’est un privilège de se promener avec son chien, mais c’est un droit d’être en sécurité dans les rues de notre ville, a-t-elle mentionné. […] La structure [en ressources humaines] dont on s’est doté pour appliquer la réglementation, elle est à mon avis insuffisante. »

Même son de cloche du côté de Nathalie Lemieux, qui note que même si la réglementation est « excellente » de par son contenu, la présence de trois chiens potentiellement dangereux dans sa rue la rend « inquiète de sortir » de chez elle avec sa petite fille.

« La réalité est qu’il y a encore des morsures de chiens sur notre territoire, a déploré la conseillère du district de Touraine. Moi, je veux m’assurer qu’on a un contrôle. Je ne sais pas si c’est possible d’avoir un contrôle complet, je suis quand même consciente que la ville est grande, mais il faut se doter d’outils plus concrets. »

Leur collègue Jocelyn Blondin, qui avait plaidé dans le passé pour une interdiction pure et simple des chiens potentiellement dangereux à Gatineau, réclame lui aussi que des moyens soient mis en place pour faire respecter la réglementation. Il avoue du même souffle qu’il « ne pense pas » qu’une solution sans aucune faille puisse être trouvée.

La conseillère Louise Boudrias a pour sa part lancé l’idée de regarder ce qui se fait en Ontario, même si l’interdiction des pitbulls qui y est en vigueur ne donne que des résultats mitigés, jusqu’à présent, au chapitre du nombre de morsures.

Les élus ont donc convenu, mardi, de mandater l’administration municipale et le comité exécutif pour qu’une nouvelle analyse du dossier soit faite et que « des pistes de solution » soient présentées au conseil en avril prochain.

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