Le chemin Robert-Stewart, dans le secteur Aylmer
Le chemin Robert-Stewart, dans le secteur Aylmer

Chemin Robert-Stewart: Mike Duggan dénonce l’obstruction des fonctionnaires

Le chemin Robert-Stewart. Ce lieu n’évoque pas grand-chose pour la plupart des résidents de Gatineau, mais dans le secteur Aylmer, l’avenir de cette rue fermée à la circulation depuis longtemps, mais que les fonctionnaires de la Ville souhaitent rouvrir, fait partie des discussions de voisinage depuis près de deux ans, notamment dans le quartier Connaught. Le dossier aurait même été à l’origine d’intenses tensions dans les derniers mois, à l’interne, entre l’administration et le conseiller du quartier, Mike Duggan.

Ce dernier a fait une sortie publique, lors du conseil municipal, mardi dernier, en dénonçant l’obstruction et le contrôle de l’information fait, selon lui, par la direction de la Ville dans ce dossier. «Pendant toute ma démarche dans ce dossier, l’administration n’a pas travaillé en collaboration avec moi, a-t-il affirmé au Droit, le lendemain du conseil. Je dirais même que j’avais des adversaires très forts dans l’administration dans ce dossier. […] À chaque étape, je devais me débrouiller contre l’administration, prendre des risques politiques et là, on arrive à la fin et elle continue de retenir de l’information. Je mets donc un peu de pression pour qu’elle coopère.»

Pour bien comprendre comment ce dossier de quartier serait devenu une source de tension entre l’administration et certains élus, il faut revenir à l’automne 2018. La volonté de la Ville de rouvrir ce chemin afin d’en faire un lien nord-sud dans le secteur, notamment pour améliorer la desserte des services d’urgence, fait alors de plus en plus jaser dans le quartier de l’ancien hippodrome d’Aylmer. Il n’y a pas d’unanimité, mais une majorité de résidents souhaitent continuer d’utiliser le chemin Robert-Stewart comme corridor réservé au transport actif permettant de faire le lien entre différents quartiers.

Décision «arbitraire»

«En faisant mes recherches, j’ai appris qu’il y avait des montants d’argent mis de côté provenant de promoteurs pour financer l’ouverture de cette rue, raconte M. Duggan. Cela a créé un genre de tension entre moi, un représentant des citoyens, et l’administration municipale qui semblait vouloir faire quelque chose qu’elle avant planifié sans tenter de chercher l’appui, un genre de décision arbitraire sans impliquer les politiciens et les citoyens.»

Le conseiller a donc fait une manoeuvre politique qui l’a amené à présenter une résolution au conseil, en novembre 2018, demandant la fermeture officielle du chemin Robert-Stewart. «J’ai dû utiliser cet outil pour qu’on puisse en parler ouvertement au conseil, en public, pour forcer l’administration à écouter, explique M. Duggan. Cela a fonctionné et j’ai retiré ma recommandation de l’ordre du jour.»

Une pétition faite dans les semaines qui ont suivi et qui a recueilli près de 400 signatures a démontré que la population, dans des proportions allant de 88% à 100%, selon les quartiers touchés, était en faveur de continuer d’interdire la circulation automobile sur le chemin Robert-Stewart. M. Duggan explique que cela lui a permis d’avoir l’appui du conseil pour financer une étude de circulation, qui selon lui allait venir démontrer qu’il n’y a pas de nécessité pour un nouveau lien nord-sud dans ce secteur.

Duggan s’impatiente

L’étude de circulation serait complétée depuis déjà plusieurs mois, a fait savoir M. Duggan au conseil, mardi dernier. «Elle est complétée et elle fait le tour dans plusieurs services, insiste-t-il. J’ai donné une chance à l’administration de digérer ça un peu, mais là, ça fait plus de trois mois. J’aimerais la voir pour planifier les prochaines étapes avec les résidents dans ce dossier. J’ai demandé à voir l’étude et jusqu’à maintenant, c’est refusé. L’administration garde un contrôle sur l’information. […] Ça m’énerve beaucoup. De m’exclure de tout ça, je le prends un peu comme une insulte.»

À la suite de l’intervention de M. Duggan, lors du conseil, le maire Maxime Pedneaud-Jobin a pris la parole pour dire qu’il n’était «pas au courant», qu’il ne savait pas si cette étude était bien terminée. Il a ajouté que si ça devait être le cas, il ne voit pas de raison d’attendre pour qu’elle soit présentée au conseil municipal.