Les effets des changements climatiques sont bien visibles dans la région.

Changements climatiques : Gatineau forcée à s’adapter

Les trente prochaines années seront le théâtre d’importants changements climatiques dans le monde et Gatineau n’y échappera pas. Selon bien des experts, la ville en fait déjà les frais et la tendance ne va que s’accentuer dans l’avenir. Une étude présentée devant la commission sur le développement du territoire, l’habitation et l’environnement (CDTHE) en mars dernier par la firme Ouranos le laisse entrevoir très clairement.

La Ville de Gatineau vient d’entreprendre une importante réflexion qui doit mener à l’élaboration d’objectifs d’adaptation et de réduction des effets des changements climatiques dès le mois de juin. 

Aucun échéancier n’a toutefois été déterminé pour l’identification des mesures à mettre de l’avant, mais il est déjà évident que les coûts seront astronomiques. 

« La réflexion actuelle se termine en 2021 et ensuite on aura un cadre stratégique qui mènera à des changements dans la réglementation, dans les devis normalisés et nos plans directeurs, note la présidente de la CDTHE, Maude Marquis-Bissonnette. La réflexion sera plus longue que ce présent mandat. » 

Canicules et pluies diluviennes

Les modélisations appliquées au territoire de la Ville de Gatineau prévoient une augmentation générale des températures de 3 °C. Ce réchauffement provoquera des chambardements observables tout au long de l’année, hiver comme été. 

Ouranos prédit que les étés gatinois pourraient compter jusqu’à 25 journées de canicule de plus qu’actuellement où le mercure dépassera les 30 °C. 

Ces températures élevées liées à des périodes de sécheresse seront des accélérants et des amplificateurs de feux de forêt. 

Les pluies diluviennes seront aussi plus fortes et plus fréquentes, ce qui fait déjà naître des craintes pour les glissements de terrain pour une région déjà à risque à ce chapitre.  

Les étés seront plus longs et les hivers plus courts, mais aussi différents de ceux qu’on connaît aujourd’hui. 

Gatineau devrait connaître une dizaine de jours de plus par hiver ou le mercure remontera jusqu’au point de congélation. 

Cela fera augmenter de façon substantielle les épisodes de gel/dégel. 

Les précipitations en neige diminueront, mais près de 50 mm de pluie de plus que les moyennes actuelles pourraient s’abattre sur la région chaque hiver. 

Les étés plus longs et plus chauds feront de Gatineau un lieu de plus en plus accueillant pour diverses espèces de plantes envahissantes et d’insectes nuisibles capable de transmettre certaines maladies. 

Le cas de la tique est déjà probant à ce chapitre. 

Ces changements météorologiques auront des effets directs sur plusieurs infrastructures municipales déjà fragilisées par des années de négligence quant à leur entretien. 

Les infrastructures de gestion de l’eau, ainsi que les routes seront les premières affectées. 

Les printemps et les automnes seront davantage pluvieux. 

Les épisodes de gel/dégel seront aussi plus fréquents, ce qui pourrait forcer la municipalité à revoir certaines de ses opérations sur le terrain, notamment celles touchant à la réfection des chaussées. 

« Tous les services municipaux sont impliqués dans la réflexion afin de voir comment ils sont touchés et comment ils devront s’adapter, assure Mme Marquis-Bissonnette. On peut penser aux opérations de déneigement qui en raison des épisodes de gel/dégel devront être adaptées. »