Maxime Pedneaud-Jobin

Ceux qui ont «mis la main dans la sacoche» devront payer

Les élus de Gatineau sont déterminés à faire payer les firmes collusionnaires, même s'ils devaient accepter d'interminables batailles devant les tribunaux et que les contribuables ne gagnaient finalement pas au change.
<p>Marc-André Gélinas devant la Commission Charbonneau </p>
«C'est une question de principes, a lancé le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Je pense que les gens qui ont mis la main dans la sacoche doivent payer le prix. Nous agirons dans le respect des contribuables, mais c'est important de défendre les institutions publiques, même si au final on doit dépenser autant qu'on va récupérer.»
Le conseiller Daniel Champagne embrasse aussi la vision du maire, mais il mentionne que le conseil devra «trouver un équilibre entre le principe et les économies». «Je fais confiance à Québec pour qu'il légifère et que ça ne nous coûte pas plus cher de tenter de récupérer ce qu'on a perdu, a-t-il ajouté. Il faut attendre la réglementation et ensuite s'appuyer là-dessus. C'est essentiel.»
Les contribuables gatinois peuvent compter sur leurs élus pour aller récupérer l'argent perdu aux mains des firmes de génie civil, a clamé le conseiller Gilles Carpentier. «Un vol c'est un vol, a-t-il lancé. Je suis confiant que la loi va nous donner les leviers nécessaires pour éviter une surenchère de dépenses légales.»
Le conseiller Cédric Tessier est d'avis que Gatineau ne doit pas se contenter d'attendre que le gouvernement dépose son projet de loi devant encadrer les poursuites civiles dans les cas de collusion. «Il faut le demander, dit-il. Ça fait un an qu'on sait qu'il y a eu de la collusion ici. On doit agir maintenant.»
Pousser l'analyse?
Cédric Tessier et Gilles Carpentier ont toutefois refusé de se prononcer sur la pertinence d'étendre l'analyse des contrats pendant les années collusionnaires au secteur des infrastructures. «Je ne veux pas me prononcer là-dessus aujourd'hui», a affirmé M. Tessier. «Je n'ai pas fait de réflexion quant aux autres contrats en infrastructure», a ajouté M. Carpentier.
Le maire, à la toute fin de son discours, hier, a précisé que l'analyse des contrats de génie civil n'était qu'une étape dans l'étude de l'octroi des contrats publics. «D'autres domaines de l'approvisionnement nécessiteront aussi des analyses approfondies», a-t-il indiqué.
La collusion à Gatineau en quelques citations
«Nous n'avons soulevé aucun cas nous permettant de croire que de telles situations existent au sein de la Ville de Gatineau» - Le vérificateur général en 2011 parlant de possible fraude, corruption ou collusion à Gatineau.
«Essentiellement, c'était de maintenir les parts de marché actuelles, à l'époque, mais de ne pas se lancer dans une guerre de prix, c'était essentiellement maintenir les tarifs du barème et de maintenir nos parts de marché.» - Marc-André Gélinas, ingénieur collusionnaire de la firme Tecsult-Aecom à Gatineau devant la Commission Charbonneau
«Il n'y a jamais eu, à ma connaissance, un fonctionnaire ou un politicien qui a été au courant. Je pense que notre système ne pouvait pas être, il n'y avait pas d'indice.» - Marc-André Gélinas devant la Commission Charbonneau
Les ingénieurs présumés collusionnaires de Gatineau
devant le conseil de discipline de l'Ordre professionnel
Maxime Asselin: aujourd'hui
Dave Boulay de la firme Dessau: aujourd'hui
Claude Marquis de la firme Genivar: 6 octobre
André Mathieu de la firme CIMA +: 17 octobre
Michel Famery de la firme Dessau: du 17 au 19 novembre
Le conseil de discipline de l'Ordre des ingénieurs du Québec rend habituellement une décision
dans les 90 jours suivant une audience.