Rémi Bergeron est convaincu d’être le « candidat le plus valable dans cette course », mais il admet candidement qu’il n’a aucune équipe autour de lui.

«C’est moi mon équipe»

En dix ans, Rémi Bergeron n’a pas mis les pieds une seule fois à une séance du conseil municipal de Gatineau. « J’ai vu ça à la télé une fois, dit-il, et je me suis dit que c’était ridicule, je veux changer ça. »

À écouter M. Bergeron étayer sa plateforme en rencontre éditoriale avec Le Droit, absolument rien ne tourne rondement à Gatineau. La gestion de la Ville est à revoir de fond en comble. Toute la structure démocratique de la municipalité doit être refaite, de la création de conseils d’arrondissement à la révision de tous les comités et commissions. La planification des travaux d’infrastructures doit aussi être revue. 

« Si les gens veulent un politicien comme maire, qu’ils ne votent pas pour moi, mais s’ils veulent un gestionnaire, c’est pour moi qu’ils doivent voter, lance celui qui est actuellement directeur général à la municipalité de Bowman. Le maire est le seul élu qui peut entrer dans n’importe quel bureau de directeur et poser toutes les questions qu’il veut. Si je suis élu, il y en a qui auront une grosse année. Ma blonde est avertie, elle ne me verra pas la face souvent […], je vais m’arranger pour que ça marche dans cette ville-là. »

Rémi Bergeron est convaincu d’être le « candidat le plus valable dans cette course », mais il admet candidement qu’il n’a aucune équipe autour de lui. « C’est moi mon équipe, dit-il. Moi, les pancartes, je n’y crois pas. Je me limite à 300 $ ou 400 $ de dépenses électorales. Le financement, je n’embarque pas là-dedans. Je sais que les autres font du pointage et vont faire des téléphones, qu’ils vont faire sortir le vote. Qu’ils s’organisent avec ça, moi, je ne fais pas ça. Ça prend une équipe pour faire ça et ça ne me tente pas de faire ça. »

Le candidat à la mairie n’est pas très fort sur le serrage de mains. D’abord parce qu’il n’a pas pris congé de ses responsabilités à Bowman et qu’il continue de travailler, et ensuite parce dit avoir vécu une très mauvaise expérience. « Lors de ma dernière campagne à Boucherville, j’ai serré tellement de mains que j’ai pogné la H1N1, j’ai été une semaine au lit », raconte-t-il. Si Rémi Bergeron l’emporte le 5 novembre prochain, il ne sera pas présent à Gatineau pour vivre ce moment. Il sera à Bowman, où il est président d’élections. 

Au chapitre des engagements, M. Bergeron reste flou. Impossible pour lui de faire des promesses d’investissements sans savoir avec qui il va siéger à la table du conseil. Il souhaite continuer d’investir dans les infrastructures, mais refuse de dire combien. Il ne sait pas à combien se chiffre le déficit dans l’entretien des infrastructures des Gatinois. C’est 1,3 milliard $. Il veut changer les méthodes de travail, notamment aux travaux publics, mais n’a pas de plan précis. 

Selon lui, la Ville de Gatineau a tellement de comités et de commissions que c’est à en « perdre son latin ». M. Bergeron n’a toutefois pas l’intention d’abolir l’une ou l’autre ces structures. Il voudrait plutôt en modifier le fonctionnement pour y intégrer plus de citoyens. 

La relance du train à vapeur

Rémi Bergeron propose aussi d’utiliser le P’tit train à vapeur pour améliorer la desserte en transport en commun de Buckingham jusqu’à Hull en saison morte, et du Casino jusqu’à Montebello pendant la saison touristique. Il voudrait acheter une locomotive hybride comme celles conçues par Alstom ou Bombardier pour tirer les wagons. La locomotive à vapeur ferait partie du convoi afin d’en faire un concept liant « le futur et le passé ». M. Bergeron n’a cependant pas de détails sur le coût d’un tel projet ni sur le prix d’une locomotive hybride. « Ce n’est pas facile de joindre le monde au bureau des ventes de Bombardier », dit-il.