Trois des quatre candidats à la mairie de Gatineau échangeront sur le centre-ville, ce soir.

Centre-ville: les commerçants veulent un engagement ferme

Les commerçants du secteur Laval-Aubry, dans le Vieux-Hull, demandent au conseil municipal de s'engager rapidement et financièrement dans la revitalisation du centre-ville de Gatineau.
« Ça fait plus de 10 ans que nous tentons des actions pour relancer notre centre-ville, a lancé le président du regroupement des commerçants du secteur Aubry et directeur général du Café les Quatre jeudis, Alexandre Leblanc. Nous avons besoin d'un centre-ville plus diversifié, plus rassembleur et mieux publicisé. »
Le Ville dépense actuellement 40 000 $ par année pour aider ces commerçants à faire de l'animation dans leurs rues. « C'est carrément insuffisant pour faire une bonne animation, lance M. Leblanc. Il ne faudrait pas oublier que nous sommes la quatrième ville en importance au Québec. » Les commerçants refusent de chiffrer leurs attentes, mais selon nos informations, le centre-ville aurait besoin de 10 fois plus d'argent afin d'offrir une animation digne de ce nom.
« Nous faisons du surplace depuis plus de 10 ans, souligne M. Leblanc. Nous avons maintenant une administration municipale qui semble avoir son centre-ville à coeur. Les élus doivent s'engager et dire à l'ensemble des Gatinois que le centre-ville c'est ici, que c'est ici que ça se passe. »
Les commerçants souhaitent que leur message soit entendu et débattu par les conseillers réunis en retraite fermée, aujourd'hui et demain, au Moulin de Wakefield.
Gatineau s'engage à utiliser une partie des taxes municipales provenant des nouveaux édifices fédéraux pour faire de l'animation dans les rues du centre-ville. La conseillère du quartier, Denis Laferrière, reconnaît que c'était le plan initial, mais que la création du controversé fonds des communautés est venue ralentir le développement du centre-ville.
« Le fonds des communautés a permis d'acheter la paix entre les élus des différents quartiers, dit-elle. Mais ce fonds prend fin en 2016. Nous savons qu'il y aura de l'argent des taxes qui sera disponible après. Peut-être pouvons-nous emprunter cet argent pour accélérer les projets dans le centre-ville. »
Projets et attentes
Les commerçants demandent aussi la nomination d'un interlocuteur officiel de la Ville qui viendrait les appuyer dans leurs démarches pour animer le centre-ville, ainsi que la création d'une table à laquelle siégeraient tous les partenaires impliqués dans le centre-ville.
Le vice-président du regroupement et propriétaire du Gainsbourg, Nicolas Cazelais, soutient qu'un quartier des spectacles, la création d'un district historique, ainsi que d'un sentier culturel sont au nombre des projets caressés par les gens d'affaires du coeur du centre-ville.
« C'est difficile de comprendre pourquoi rien n'a été fait depuis 15 ou 20 ans dans le centre-ville de Gatineau, dit-il. Certains de ces projets sont en attente depuis plus de 15 ans. Il faut poser une première pierre. Notre offre est déficiente par rapport aux autres grandes villes du Québec. Il y a eu beaucoup de développement à Ottawa depuis 20 ans, alors qu'ici, nous n'avons rien de nouveau à offrir. Est-ce qu'on peut se donner la chance d'avoir un endroit fantastique nous aussi ? »