La présidente de la STO, Myriam Nadeau

« Ce n’est pas rendre service aux gens », dit Myriam Nadeau

Diriger les automobilistes pris dans la circulation vers les stations du Rapibus, le matin, à l’aide de panneaux à messages variables, tel que proposé par les consultants embauchés par le ministère des Transports du Québec (MTQ) provoquerait beaucoup plus de problèmes que ça en réglerait, assure la Société de transport de l’Outaouais (STO).

« Ce n’est pas rendre service aux gens que de les envoyer vers des parcs-o-bus déjà pleins, lance la présidente de la STO, Myriam Nadeau. Avec la croissance que nous connaissons actuellement sur le réseau, il faut écarter cette idée. »

La responsable des stratégies et du développement à la STO, Sandrine Poteau, précise par ailleurs qu’une telle mesure devrait être accompagnée d’un système dynamique permettant de savoir, en temps réel, le nombre d’espaces disponibles dans les différents parcs-o-bus. Elle précise que la technologie nécessaire représente un « enjeu » pour le transporteur public et que rien en ce sens n’est envisagé à court et moyen termes. 

L’idée d’aménager un nouveau parc-o-bus à la sortie du boulevard Labrosse, en bordure de l’autoroute 50, près du nouveau garage de la STO, a longtemps fait partie des plans. Mme Poteau précise que « c’est un projet qu’on a sérieusement envisagé, mais la réalité a changé ». D’abord parce qu’après 6 h, tous les véhicules sont à pied d’œuvre ailleurs sur le réseau et qu’un système de rabattement pour desservir ce parc-o-bus supplémentaire aurait forcé le transporteur à couper des services ailleurs. 

« Nous préférons utiliser nos ressources pour diminuer le nombre d’usagers forcés de prendre leur voiture pour se rendre jusqu’au transport en commun, précise Mme Nadeau. On veut mettre les efforts à aller chercher les gens dans leur quartier, et à les ramener dans leur quartier. Il faut un équilibre entre la desserte locale et le service offert à ceux qui n’ont pas le choix de prendre leur voiture pour se rendre au transport en commun. »

Ainsi, la STO privilégie des investissements dans deux nouveaux parcs-o-bus à l’est, pour remplacer ceux des secteurs Buckingham et Angers. La présidente affirme qu’il y aura plus d’espaces disponibles, mais la direction de la STO dit plutôt que le minimum visé est d’offrir l’équivalent de ce qui est déjà en place dans ces secteurs. La STO a reçu 3 millions $ du programme fédéral-provincial en transport en commun pour ces deux stationnements incitatifs qui seront construits d’ici 2020. Le nouveau parc-o-bus Lorrain qui comptera 200 places permettra aussi de réduire la pression dans ce secteur.