Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau.

CCN: la sortie de Pedneaud-Jobin en a froissé certains

La sortie publique du maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin à l'endroit de la Commission de la capitale nationale (CCN), la semaine dernière, ne fait pas l'unanimité à la table du conseil. La conseillère du district de Bellevue, Sylvie Goneau, n'hésite pas à la qualifier de «très maladroite de la part de quelqu'un qui veut projeter l'image d'un conciliateur et qui veut créer des alliances stratégiques».
Selon un échange de courriels internes dont LeDroit a obtenu copie, l'élue - qui n'a jamais caché son intérêt pour une éventuelle candidature à la mairie - aurait apprécié que le premier magistrat gatinois consulte les 18 conseillers avant de tirer à boulets rouges sur la CCN aux côtés du maire d'Ottawa, Jim Watson.
«Je crois qu'une discussion sur le sujet serait profitable pour tous. Si nous donnons des rôles aux élus pour améliorer les relations avec les différents paliers, nous devons au minimum les consulter», a-t-elle écrit à la suite de l'envoi d'un courriel par le maire Pedneaud-Jobin, la semaine dernière.
Invitée à réagir lundi, Sylvie Goneau a précisé que c'est la méthode empruntée qu'elle remet en question, pas la demande d'un siège au conseil d'administration de la CCN.
«Selon moi, la première demande aurait dû être adressée au conseil d'administration. On ne l'a pas d'abord envoyé au premier dirigeant, ni au ministre. On l'a directement envoyé au premier ministre Harper», dit-elle.
«Il est primordial d'avoir un siège, poursuit-elle. C'est même inacceptable que ce ne soit pas considéré. Sauf que je pense qu'on aurait eu droit à un meilleur accueil si la demande avait été faite autrement. Il y aurait peut-être eu négociation au lieu que ça ressemble à un ultimatum.»
Mme Goneau affirme qu'elle n'est pas la seule voix discordante autour de la table, avançant qu'il y en a même à l'hôtel de ville d'Ottawa, sans pour autant identifier des élus.
Néanmoins, selon les courriels sur lesquels nous avons mis la main, le conseiller de Lucerne, Mike Duggan, aurait également voulu que le conseil municipal ait son mot à dire.
Contraste avec l'ère Bureau
Selon Mme Goneau, cet épisode illustre bien le contraste avec l'ère de l'ex-maire Marc Bureau. «On lui reprochait de ne pas avoir de relations avec la CCN, et là, on les approche, mais avec le poing sur la table. Je ne crois pas qu'il y ait une méthode mieux que l'autre», dit-elle.
Dans son courriel acheminé aux élus, Maxime Pedneaud-Jobin affirme sans détour qu'il assumera son rôle de leader politique pour faire contraste avec le passé.
«Je veux que tout le monde sache que Gatineau se tiendra debout. Je vais continuer d'être à votre écoute, mais nous n'aurons jamais une voix forte si nous essayons de faire des stratégies et des communications à 19. Si un élu veut se désolidariser, il ou elle peut le faire, c'est un risque que je devrai évaluer à chacune de mes prises de position», écrit le nouveau maire de Gatineau.
Il y a neuf mois, le chef d'Action Gatineau avait déploré que l'ex-maire Bureau n'ait pas consulté les élus avant l'envoi d'une lettre donnant l'appui de la Ville au gouvernement du Québec, dans sa bataille pour rendre légale la consommation d'alcool dans les aires de jeux des casinos.