La précision de cette nouvelle cartographie est sans précédent au Québec. Les huit rivières les plus importantes de la région n’auront plus de secret pour les autorités gatinoises.

Cartographie des zones inondables à Gatineau: prévoir les inondations maison par maison

La Ville de Gatineau a deux fois plutôt qu’une démontré sa capacité à réagir face à une inondation historique, mais il ne s’agissait que d’un avant-goût du niveau d’intervention qu’elle pourra mettre de l’avant si une nouvelle crue printanière dévastatrice devait à nouveau menacer la ville et le reste de la région.

La réalisation de la nouvelle cartographie des zones inondables que mène actuellement la Ville est d’une ampleur et d’une précision qui est sans précédent au Québec. Près de 600 km de zone inondable, allant du Pontiac à la Petite-Nation, ont fait l’objet d’une modélisation hydrodynamique précise à sept centimètres près. Les huit rivières les plus importantes de la région et leur comportement en période de crue n’auront plus aucun secret pour Gatineau.

La Ville a cependant jugé que ce n’était pas suffisant, et comme le financement de 3,3 millions $ accordé par le gouvernement du Québec pour mener l’exercice le lui permettait, elle a décidé de pousser l’opération encore plus loin.

Elle vient d’accorder un contrat de 1 million $ à la firme Trifide pour obtenir des « levées Lidar terrestre ».

Il s’agit de mesures très précises du terrain et de ce qui s’y trouve, réalisées par un capteur de type laser.

Dans les faits, Gatineau détiendra des informations au millimètre près de 131 ponts et ponceaux présents sur 565 kilomètres de zone inondable, ainsi que les données d’élévation des rez-de-chaussée et des margelles des maisons sur une distance de 261 km de zone inondable.

Gatineau pourra savoir à l’avance quelle maison sera touchée en premier et à quel moment le premier plancher sera atteint par l’eau.

Les membres du comité exécutif n’ont pas caché leur satisfaction, mercredi, face à ce nouvel outil qui s’ajoute aux données hydrodynamiques récemment obtenues.

« On pourra prendre des décisions, maison par maison, a noté le maire. C’est un outil qui réduit notre marge d’erreur. Chaque élément de notre force de frappe pourra être orienté vers ce qui est le plus vulnérable, dès le départ. »

Le conseiller Pierre Lanthier s’est lui aussi montré très impressionné.

« On aura les données les plus sophistiquées de tout le Québec, a-t-il lancé. On pourra être proactifs et mieux limiter les dégâts. » Le président du comité, Cédric Tessier, a rappelé que Gatineau ne pourra pas empêcher une nouvelle crue, « mais il sera plus facile de la prévoir, de savoir où l’eau va monter le plus rapidement et où faire des interventions pour que les gens soient mieux préparés », a-t-il ajouté.

Gestion des barrages

Gatineau a pu obtenir les données provenant de la gestion des différents barrages d’Hydro-Québec dans la région afin de les ajouter à la modélisation, mais la haute direction de la Ville a reconnu que ce fût « difficile ».

La société d’État qui souhaitait conserver jalousement ses informations n’a pas obtempéré dès le départ, mais elle a fini par céder.

Gatineau pourra dorénavant mieux prévoir les effets de la gestion des barrages sur les zones habitées.

La Ville de Gatineau doit soumettre au gouvernement du Québec, au plus tard en mars 2020, la mise à jour de la cartographie des zones inondables.