Le président du comité exécutif de la Ville de Gatineau, Gilles Carpentier.

Carpentier reproche au propriétaire de Toyota Gatineau de banaliser ses actes

L’attitude du propriétaire de Toyota Gatineau, Normand Poirier, face aux condamnations du ministère de l’Environnement qui le vise directement pour des travaux de remblai sur le terrain du 1415, rue Saint-Louis, irrite le président du comité exécutif de la Ville de Gatineau, Gilles Carpentier.

 

Ce dernier a indiqué avoir appris dans Le Droit, mercredi matin, que M. Poirier a été sanctionné par Québec, en 2014, pour des travaux de remblai à proximité du ruisseau Moreau, en pleine zone inondable, sur le terrain qu’il souhaite aujourd’hui développer pour y aménager un ensemble commercial qui comprendrait son concessionnaire d’automobiles Toyota Gatineau. 

«Je n’étais pas au courant pour le remblai, je l’ai appris en faisant la lecture du journal ce matin, a indiqué M. Carpentier. J’ai beaucoup de difficulté à voir la banalisation que fait l’entrepreneur du fait qu’il a fait du remblai en disant que tout le monde au Québec le fait, et que tout le monde à Gatineau le fait. Ce genre de raisonnement ne colle pas à ma façon de voir les choses. Il va falloir que M. Poirier assume la responsabilité de ce qu’il a fait.»

Le Droit révélait, dans son édition de mercredi, que M. Poirier a été visé par deux avis de non-conformité pour des travaux de remblai jugé illégal sur le terrain inondable du 1415, rue Saint-Louis. Il a été condamné en 2014 à une sanction administrative et pécuniaire de 5000 $. M. Poirier a demandé une révision de son dossier et le ministère de l’Environnement a décidé de maintenir sa sanction le 6 octobre dernier. En fin de journée, mardi, l’avocat de M. Poirier a indiqué au Droit qu’il avait l’intention d’aller en appel de cette décision devant le Tribunal administratif du Québec. 

«Il faut comprendre que c’est une sanction qui est très minimale, a affirmé au Droit, mardi, M. Poirier. C’est pratique courante d’avoir du remblai pour développer des projets. Nous n’avons fait que suivre ce qui se fait à la grandeur du Québec et surtout à Gatineau, je peux vous le dire.»

Gilles Carpentier est l’un des élus indépendants de l’ancien conseil à avoir soutenu une première fois la demande de changement au schéma d’aménagement qui permettrait à terme le développement de ce terrain en bordure de l’autoroute 50. Le dossier doit revenir à l’ordre du jour du conseil municipal du 12 décembre prochain. 

«J’ai appris des choses dans le journal ce matin qui ne m’avait jamais été mentionné, a répété le président du comité exécutif. On sait déjà que ce terrain a été sérieusement inondé, c’est une information qu’on ne peut pas négliger. Et si le ministère a décidé d’imposer une amende à M. Poirier, c’est parce que le remblai qu’il a fait ne devait pas être fait. L’impact de ce remblai sur les conditions du site, je ne peux pas en juger, je ne suis pas un expert en traitement de sol. Je vais attendre les analyses des experts. Je vais attendre que le dossier soit présenté au conseil du 12 décembre. Je ne veux pas que ce dossier continue de traîner en longueur. Je comprends que Myriam Nadeau sera prête à nous présenter le résultat de sa consultation auprès des citoyens.»

L’Association des résidents riverains de Jacques-Cartier Ouest s’est prononcée, lundi, contre le projet de développement proposé par M. Poirier.