Le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin aimerait bien discuter avec la mairesse de Montréal, Valérie Plante, conernant l’encadrement de la consommation de cannabis dans les lieux publics.

Cannabis: Pedneaud-Jobin veut s’entretenir avec la mairesse de Montréal

Alors que les conseillers Mike Duggan et Nathalie Lemieux poussent un soupir de soulagement en voyant la volonté ferme du gouvernement Legault de resserrer les règles entourant la consommation de cannabis, le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, prépare, sans trop d’attentes, la réplique de la Ville.

Des discussions à ce sujet doivent d’ailleurs avoir lieu prochainement entre le maire et la mairesse de Montréal, Valérie Plante, fait savoir M. Pedneaud-Jobin en entrevue avec Le Droit. Les deux villes entendent faire valoir leur point de vue lors de la consultation qu’engagera le gouvernement sur son projet de loi 2. « On va parler à Montréal et à nos partenaires qui ont la même position que nous, affirme M. Pedneaud-Jobin. C’est beaucoup le combat de l’autonomie municipal. Le respect de la loi et du bon ordre relève de nous. Est-ce qu’il peut y avoir des mesures d’exception [pour la consommation dans les lieux publics] ? Je ne le sais pas. Mais si les règlements étaient différents d’une ville à l’autre, c’est qu’elles ne sont pas toutes pareilles. Nous n’avons pas tous la même approche. C’est là que le principe de l’autonomie municipal est intéressant. »

Le maire Pedneaud-Jobin n’entend toutefois pas reprocher au gouvernement Legault de faire ce qu’il avait promis en campagne électorale. « Ce n’est pas une surprise, le gouvernement avait été clair, dit-il. J’en ai parlé au ministre Mathieu Lacombe longuement à Québec, on a eu un long souper, et il était clair que la volonté du gouvernement est très ferme. Pour le gouvernement, il ne s’agit pas d’un enjeu d’autonomie, mais de cohérence par rapport à cette substance. Leur volonté n’a rien à voir avec l’autonomie municipale, la volonté du gouvernement c’est de s’attaquer au cannabis. »

La fermeté avec laquelle le gouvernement caquiste aborde la question du cannabis est par contre vivement saluée par les deux seuls conseillers municipaux de Gatineau qui s’étaient opposés à la réglementation plus permissive mise de l’avant par la Ville qui permet actuellement de fumer du pot dans tous les lieux publics où l’usage du tabac est permis.

« Je suis très fière que la CAQ représente mes valeurs personnelles comme citoyenne et comme Gatinoise, lance Nathalie Lemieux. Dans n’importe quel dossier, il sera primordial pour moi d’appuyer la Ville, mais dans le dossier du cannabis, ma position était claire et je suis très heureuse de voir le gouvernement remplir ses promesses. »

Mme Lemieux n’échappera toutefois pas à l’ouverture éventuelle d’une succursale de la Société québécoise du cannabis dans son secteur. « Mais au moins, il n’y aura pas des gens qui feront la file et qui fumeront partout dehors, dit-elle. C’était important pour moi que ça n’arrive pas dans mon quartier, chez moi, dans ma ville. »

Mike Duggan s’était aussi opposé à l’adoption du règlement municipal de Gatineau, une position, selon lui, « trop axée sur la liberté » des consommateurs. Il salue la volonté du gouvernement de prendre un peu de recul dans ce dossier pour mettre en place une approche moins permissive. « Mon indicateur, ce sont les aînés qui vont à la messe, qui n’ont pas été élevés là-dedans, dit-il. Ils ne veulent pas sentir la fumée des consommateurs partout à l’extérieur. Il faut respecter la liberté de ces gens-là aussi. La senteur du cannabis, c’est un symbole quand même fort. Je suis soulagé de l’approche de la CAQ. »

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QUÉBEC OUVERT AU PLAN D'ACTION POUR L'OUTAOUAIS

Si Gatineau et le gouvernement Legault ne sont pas sur la même longueur d’onde sur le dossier du cannabis et de l’immigration, c’est une tout autre affaire pour l’élaboration d’un plan d’action pour l’Outaouais demandé par le maire Maxime Pedneaud-Jobin lors de la dernière campagne électorale. 

«Là dessus, la réception est extrêmement positive, autant de la part du premier ministre Legault que du ministre Lacombe. On est déjà dans le comment, et pas dans le est-ce qu’on le fait ou pas. On a une belle relation de travail, on communique beaucoup et dans le dossier du plan d’action Outaouais il y a une ouverture complète.» 

Le maire précise qu’il n’y a pas encore de rencontre officielle à l’ordre du jour pour faire avancer ce dossier, mais il se dit confiant de pouvoir progresser rapidement. 

«De notre côté, on est en train de voir ce qu’on va mettre sur la table», indique le maire. Il y a trois ans, le front commun de l’Outaouais avait émis trois grandes priorités pour la région ; la santé, l’éducation et l’économie. 

«C’est mot pour mot les trois priorités du gouvernement, précise le maire. Je suis convaincu qu’on pourra faire avancer l’Outaouais.»

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QUÉBEC SOLIDAIRE ET LE CODE VESTIMENTAIRE SELON MAXIME PEDNEAUD-JOBIN

Le maire de Gatineau garde un œil intéressé sur le débat soulevé par Québec solidaire sur le code vestimentaire à l’Assemblée nationale. 

Lui pour qui porter une cravate tient plus de la torture que du bon goût vestimentaire, dit tout de même croire à « un certain décorum » dans les forums publics comme les conseils municipaux ou à l’Assemblée nationale. 

« Même sans cravate, j’ai toujours un niveau d’habillement adéquat, dit-il. Mais ce sont des questions qui se posent. L’Assemblée nationale française a retiré l’obligation de la cravate et du veston tout en encadrant un décorum nécessaire. Ici, la question ne s’était pas encore posée et je crois qu’il peut y avoir une vraie réflexion à faire. Ce sera une discussion intéressante à faire à Québec, ne serait-ce que pour mettre ça de côté et pouvoir parler d’enjeux plus importants. »