Le service 3-1-1 de la Ville de Gatineau n’a reçu que 26 appels en lien avec le cannabis entre novembre 2018 et décembre 2019.

Cannabis à Gatineau: bien plus de peur que de mal

Les mois qui ont précédé la légalisation du cannabis à des fins récréatives, en 2018, à Gatineau, ont laissé place à beaucoup d’appréhension de la part de la population. Les craintes des citoyens quant aux odeurs, à la présence de fumeurs sous l’influence de la drogue dans les parcs ou encore au manque de civilité des consommateurs ont abondamment été relayées par certains médias. Qu’en est-il vraiment après un peu plus d’un an de consommation légale ?

Force est de constater, à la lumière du bilan dressé par la commission Gatineau, ville en santé, qu’il n’en est finalement rien. L’hécatombe prévue par certains n’a pas eu lieu.


« On note une croissance de la consommation de cannabis depuis cinq ans, mais il n’y a aucune indication que c’est attribuable à la légalisation. »
Julie Legault

Entre novembre 2018 et décembre 2019, le service 3-1-1 de la Ville de Gatineau n’a reçu que 26 appels en lien avec le cannabis. Du nombre, 15 étaient des plaintes concernant l’odeur, dont seulement trois émanaient d’un lieu public. « Dix plaintes pour les odeurs venaient d’immeubles privés, a noté la présidente de la commission, Renée Amyot. La Ville n’est pas habilitée à intervenir dans des lieux privés. » Deux autres plaintes visaient les odeurs produites par l’usine de production Hexo, à Masson-Angers.

Alors que plusieurs craignaient aussi de voir les établissements scolaires se transformer en véritables lieux de consommation de cannabis, la réalité est toute autre. La représentante des commissions scolaires à la commission Gatineau, ville en santé, Julie Legault, a affirmé qu’aucune différence n’a été observée depuis la légalisation. « On note une croissance de la consommation de cannabis depuis cinq ans, mais il n’y a aucune indication que c’est attribuable à la légalisation, la croissance ne s’est pas accélérée », a-t-elle noté.

Au cégep, le cannabis ne représente pas plus un enjeu qu’il en était un avant octobre 2018. « La problématique qu’on a actuellement concerne surtout le vapotage », a souligné le représentant du réseau collégial à la commission, Jacques Dumouchel. Quant au réseau universitaire, « aucune situation » problématique concernant le cannabis n’a été rapportée depuis un an, a précisé la représentante, Julie St-Amour.

Mme Amyot a précisé que les Gatinois ont cependant été nombreux à profiter des ressources d’information mises à la disposition des citoyens après la légalisation. De fait, plus de 11 000 visites ont été enregistrées sur la page Web dédiée au cannabis sur le site Internet de la Ville. Quant au Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), il devrait faire son bilan de la première année de légalisation sous peu.