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Le président du Comité consultatif d’urbanisme, Jocelyn Blondin, pointe du doigt le manque de ressources humaines.
Le président du Comité consultatif d’urbanisme, Jocelyn Blondin, pointe du doigt le manque de ressources humaines.

«Ça déborde» au service d’urbanisme, selon Jocelyn Blondin

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
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Le Service de l’urbanisme de la Ville de Gatineau vit d’importantes difficultés à l’interne. Encore. Le volume de travail jumelé à la complexité des dossiers et un absentéisme important placent ce département, l’un des plus névralgiques de la ville, de nouveau sous tension.

Les entrepreneurs contactés par Le Droit se font cependant indulgents envers les employés du service, mais ils ne peuvent s’empêcher de se désoler de plusieurs difficultés. « On est devant un service qui travaille très fort, mais pour qui c’est difficile, note Nicolas Brisson, directeur régional de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ). Des promoteurs reçoivent des appels de fonctionnaires, il est parfois passé 19 h. La direction du service semble pleinement consciente de la situation. Il y a une recherche de solution, ça il faut le reconnaître. »

Cela étant dit, les délais de traitement des dossiers continuent de s’allonger, note M. Brisson. « Il y a vraiment de gros problèmes ». Le président du Comité consultatif d’urbanisme (CCU), Jocelyn Blondin, pointe du doigt le manque de ressources humaines.

« Il y a de la tension dans ce service, je ne le cache pas, dit ce dernier. Nous manquons de main-d’œuvre. Les gens sont débordés. On a un problème d’absentéisme, il y a des congés de maladie et nous avons de la difficulté à recruter. Je dois être honnête, ça ne va pas très bien dans ce service en ce moment. Il manque de personnel. Des dossiers doivent être transférés d’un secteur à l’autre. Ça déborde. Il y a des retards. Plusieurs mois de retard. »

Questionné à cet effet, le Service des communications de la Ville de Gatineau a précisé que l’urbanisme comptait 128 employés et que quatre postes faisaient l’objet de recrutement. « Comme toutes les organisations de taille similaire, il y a des personnes absentes pour un court ou un long terme », a ajouté un porte-parole sans plus de précisions.

M. Blondin explique que la situation semblait sous contrôle jusqu’à avant la période des Fêtes. Mais depuis le début de l’année, l’absentéisme aurait grimpé en flèche. « Ça met énormément de pression sur un service déjà très occupé, dit-il. On n’arrive pas à pourvoir les postes manquants. Ce n’est pas en offrant des postes à temps partiel qu’on va attirer des urbanistes certifiés. »


« On devrait arrêter de juste vouloir combler des postes vides et embaucher plus de monde. »
Jocelyn Blondin

D’après des informations confirmées par plusieurs sources, le directeur adjoint du Service de l’urbanisme, Marc Chicoine, quittera son emploi à la Ville de Gatineau à la fin de l’été. De l’avis de plusieurs, il s’agira d’une perte importante pour le service. Il a la réputation de faire débloquer des dossiers complexes. Il occupait ce poste depuis 2012. M. Chicoine aurait l’intention de poursuivre sa carrière dans le secteur privé.

La chaîne a « débarqué »

La présidente du Syndicat des cols blancs de la Ville de Gatineau, Geneviève Carrier, reconnaît que la situation est de nouveau périlleuse pour les travailleurs du Service de l’urbanisme. « On sentait que les choses étaient sous contrôle pendant un temps, que les postes étaient pourvus, mais dernièrement les choses sont de nouveau très difficiles pour nos membres, dit-elle. On a demandé une rencontre aux ressources humaines et on aimerait que la direction de l’urbanisme soit là aussi. On doit discuter. On doit comprendre où la chaîne a débarqué. »

Pour le président du CCU, la solution est relativement simple. « On devrait arrêter de juste vouloir combler des postes vides et embaucher plus de monde, propose-t-il. Comme ça, quand un employé doit partir pour une longue période, le service n’est pas fragilisé, il y en a un autre pour prendre la relève. On refuse de le faire et ça nous occasionne de très sérieux problèmes. »

Près de 200 jours

M. Brisson avance qu’un entrepreneur peut attendre jusqu’à 180-200 jours pour obtenir un permis de construction. Quant au remboursement des garanties de conformité, l’attente est inacceptable, juge-t-il. « Ce sont des montants exigés par la Ville et qui sont mis en garantie, explique le directeur de l’APCHQ. Une fois la construction terminée, la Ville s’assure de sa conformité et remet son dépôt à l’entrepreneur. Ça peut prendre plus de deux ans avant qu’un inspecteur de la Ville passe et que l’entrepreneur retrouve son argent. On demande vraiment d’accélérer les choses. »

Le Service des communications n’a pas précisé l’ampleur des délais auxquels fait face l’urbanisme, mais précise que le règlement municipal prévoit un délai de 20 jours pour l’émission d’un permis lorsque le dossier présenté est complet.

« Tout dépend du type de projet, dit-on. Le délai dépend du niveau de complexité. Une demande doit être complète pour être traitée. Dans de nombreux cas, les requérants déposent des dossiers incomplets, ce qui engendre des allers-retours avec la Ville et qui a un impact important sur les opérations. » La Ville rappelle que tout le service de l’urbanisme a dû être réorganisé pour passer entièrement en mode virtuel il y a un an.

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