La Ville de Gatineau a échoué dans l'atteinte de son objectif fixé par le conseil municipal de réduire ses émissions corporatives de gaz à effet de serre (GES).

Bureau de l'ombudsman: agendas politiques cachés?

Un important bras de fer dont les conséquences sont pour l'instant difficiles à évaluer se joue actuellement entre des membres du Bureau de l'ombudsman de Gatineau (BOG) et la direction générale de la Ville, a appris Le Droit. La situation a atteint un tel degré de sensibilité que l'ombudsman lui-même, André Guay, craint que le bureau soit désormais utilisé comme un outil politique par certains, ce qui, dit-il, serait « destructeur et très dommageable » pour la crédibilité de l'organisme qui fête ses dix ans cette année.
Une source digne de foi oeuvrant au BOG estime que la situation est devenue à ce point tendue au cours des derniers mois que le lien de confiance entre les deux institutions ne tiendrait plus qu'à un fil, s'il n'a pas été complètement rompu. Cette information a été corroborée par d'autres sources crédibles interpellées par Le Droit. Cette personne qui a requis l'anonymat reproche à la directrice générale de la Ville de Gatineau, Marie-Hélène Lajoie et à son administration de carrément bloquer de l'information destinée aux élus et au maire Maxime Pedneaud-Jobin. Certains « avis de préoccupation » émis auparavant par le BOG n'auraient jamais passé la porte du bureau de la directrice générale. 
Selon les informations colligées principalement au cours des derniers jours, c'est le plus récent rapport du BOG qui agit comme la goutte faisant déborder le vase. La détérioration des relations était, dit-on, déjà latente entre la Ville et l'organisme indépendant. 
Le nouveau rapport du BOG a été présenté au maire ainsi qu'à la direction générale à la fin du mois d'avril. Sa publication est depuis retardée. 
Il serait jugé « inacceptable et irrecevable » par la haute direction de la Ville et le cabinet du maire parce qu'il aurait tendance à généraliser certaines problématiques à partir d'un trop petit nombre de cas.  
Selon nos informations, le BOG accuserait la Ville de Gatineau de faire traîner en longueur les dossiers d'au moins 10 citoyens, dont la grande majorité est liée au service de l'urbanisme. 
L'administration municipale allongerait volontairement les délais de réponse et les démarches des citoyens visés afin de forcer ces derniers à judiciariser leur dossier en espérant qu'ils laissent tomber devant la lourdeur de la démarche.
L'ombudsman stupéfait
Sans nier que ces éléments se retrouvent bel et bien dans son rapport, l'ombudsman de la Ville de Gatineau, André Guay, n'a pas caché sa stupéfaction lorsque mis au fait de la situation dépeinte par Le Droit. 
« Il y a certainement des divergences au sein de notre bureau, admet-il. Certains sont plus agressifs et voudraient qu'on soit dans une approche de confrontation, qu'on parle plus fort, alors que d'autres abordent les choses plus doucement. Il faut aussi dire que certains fonctionnaires de la Ville sont dans un mode de négociation avec nous, et d'autres sont résolument dans la confrontation. Moi je tente de trouver des compromis dans tout ça, de conserver un équilibre et de conserver des relations impartiales et les plus harmonieuses possibles avec la direction générale. »
Des agendas cachés au BOG ?
M. Guay admet que le lien de confiance entre certains représentants du BOG et l'administration municipale n'est pas au beau fixe. Il ajoute toutefois qu'il ne faut pas généraliser. 
À son avis les relations entre les deux entités sont suffisamment bonnes pour que le BOG puisse pleinement jouer son rôle de chien de garde des citoyens. 
L'ombudsman reconnaît qu'il est possible que certains éléments au sein de son organisation aient des agendas cachés et qu'ils tentent de manière détournée de jouer un rôle politique. « J'espère que ce n'est pas le cas, mais là, avec ce que j'entends, je ne serais pas surpris, dit-il. Ça nuirait grandement à la crédibilité du bureau. Ça serait triste. Si on se met à verser là-dedans, c'est terrible. C'est destructeur et très dommageable pour notre organisation. La neutralité est importante pour accomplir notre mandat. »
Invité à réagir à ses révélations, le cabinet du maire a indiqué vouloir d'abord lire ce que Le Droit allait publier avant d'émettre un commentaire. 
Quant à la direction générale de la Ville, elle affirme, par le biais du service des communications, collaborer avec le BOG et que plusieurs rencontres et échanges périodiques ont lieu tout au cours de l'année.