Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a encore frais en mémoire la journée historique du 30 octobre 2019, jour où l’Assemblée nationale, dans un geste sans précédent, a reconnu la situation particulière de l’Outaouais et la nécessité d’un rattrapage en matière de santé, d’éducation postsecondaire et de développement économique.

Budget du Québec: Gatineau s’attend à des gestes concrets

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a encore frais en mémoire la journée historique du 30 octobre 2019, jour où l’Assemblée nationale, dans un geste sans précédent, a reconnu la situation particulière de l’Outaouais et la nécessité d’un rattrapage en matière de santé, d’éducation postsecondaire et de développement économique. À moins d’une semaine du deuxième budget du gouvernement Legault, le maire de Gatineau s’attend maintenant à ce que cette motion votée à l’unanimité se traduise par des gestes concrets pour la région.

C’est d’ailleurs sur cette note que le maire Pedneaud-Jobin conclut une lettre dont nous avons obtenu copie, envoyée le 13 février dernier au ministre des Finances du Québec, Éric Girard. Quant aux attentes budgétaires purement municipales, le maire met un accent particulier sur les besoins en matière de transport collectif.

M. Pedneaud-Jobin rappelle que la Société de transport de l’Outaouais (STO) fait face à des augmentations record de l’achalandage. « Afin de maintenir cet élan, écrit-il, il est essentiel que le Programme d’aide au développement du transport collectif soit indexé pour couvrir 50 % des frais d’exploitation réels, alors qu’il ne couvre présentement que 30 %. »

En faisant abstraction du tramway dans l’ouest de Gatineau, le gouvernement du Québec prévoit actuellement 177 millions $ pour financer les différents projets de développement de la STO au cours des dix prochaines années. « Plus du double de ce montant sera nécessaire pour assurer l’accroissement et la rétention de l’achalandage, et mener à terme l’électrification de la flotte d’autobus », ajoute le maire Pedneaud-Jobin.

Gatineau souhaite aussi voir le gouvernement faire un effort particulier pour permettre aux villes de s’adapter aux changements climatiques et réclame, comme l’Union des municipalités du Québec (UMQ), un « fonds prévisible, flexible et à long terme » pour répondre aux besoins en matière d’infrastructures résilientes.

Pénurie de main-d’œuvre

La Chambre de commerce de Gatineau (CCG) insiste pour sa part sur la nécessité pour le gouvernement d’inclure au budget des mesures fiscales qui permettront aux entreprises de s’attaquer à la pénurie de la main-d’œuvre. « Nous avons, dans la région, une banque énorme de travailleurs retraités du fédéral qui pourraient encore avoir un impact sur le marché du travail, note le président de la CCG, Pierre Samson. Il faut revoir la fiscalité afin de favoriser l’incitation au travail et à l’embauche de ces travailleurs-là. Actuellement, il n’y a pas vraiment d’incitatif. Les retraités qui veulent retourner sur le marché du travail sont même pénalisés. »

Québec doit aussi, dans les limites de ses compétences, poursuivre la mise en œuvre des mesures pour favoriser le transport aérien régional, croit la CCG. « Il faut des investissements pour permettre aux aéroports régionaux de développer le tourisme d’affaires, précise M. Samson. Nous avons ici un aéroport qui mérite d’être valorisé et qui pourrait devenir une infrastructure conjointe pour l’Aéroport d’Ottawa. »

L’instauration d’un crédit d’impôt à l’innovation, cousin à celui pour la recherche et le développement, permettrait une plus grande latitude aux entreprises qui souhaitent prendre cette voie.

La CCG recommande aussi au gouvernement de poursuivre l’attribution de crédits d’impôt aux médias écrits régionaux afin de les aider à accélérer leur passage au numérique et maintenir leurs activités.

La CCG s’attend aussi à avoir des signaux concrets dans le prochain budget concernant l’élargissement de l’autoroute 50, le tramway dans l’ouest de Gatineau, le 6e lien entre Gatineau et Ottawa et la construction du nouvel hôpital promis en campagne électorale par la Coalition avenir Québec (CAQ).