« Le budget que nous adoptons aujourd’hui est équilibré et il répond à notre réalité fiscale, a affirmé le maire Maxime Pedneaud-Jobin, lors de son discours.

Budget adopté à l’arraché

Jamais un budget n’aura été adopté avec une si faible majorité à Gatineau. Les élus, à 10 contre 9, ont voté en faveur du budget 2018, mardi après-midi, un exercice de 599,8 millions $, assorti d’une cinquième augmentation annuelle des taxes de 2,9 %, et de la plus importante hausse des dépenses des cinq dernières années.

Seuls trois élus indépendants ont donné leur appui au budget, à savoir Gilles Carpentier et Nathalie Lemieux, tous deux membres du comité exécutif, et le président du conseil, Daniel Champagne. Ils étaient accompagnés de la totalité du caucus d’Action Gatineau. Tous les autres conseillers se sont opposés. 

« Le budget que nous adoptons aujourd’hui est équilibré et il répond à notre réalité fiscale, a affirmé le maire Maxime Pedneaud-Jobin, lors de son discours. Nous poursuivons les importants efforts d’amélioration continue et de rattrapage massif dans nos infrastructures entrepris depuis plusieurs années tout en choisissant d’investir de façon stratégique dans des projets qui vont améliorer la qualité de vie de nos communautés partout sur le territoire. »

Pour une maison de valeur médiane de 238 200 $, l’augmentation du compte de taxes sera de 79 $. L’année 2018 pourrait bien être la dernière de la série des augmentations annuelles de 2,9 % auxquelles ont été habitués les Gatinois depuis 2013. 

De fait, un important exercice de révision budgétaire en profondeur, notamment sur le plan de main-d’oeuvre, s’amorcera dans les premières semaines de 2018 afin de proposer de nouvelles orientations budgétaires pour les trois dernières années du mandat. « Nous explorerons notamment comment l’utilisation de certaines nouvelles technologies pourrait nous permettre des gains d’efficacité tout en améliorant la convivialité du service offert à la population », a précisé M. Pedneaud-Jobin. 

Le président du comité exécutif, Gilles Carpentier, a cependant précisé qu’aucun objectif de réduction des taxes n’était accolé à cet exercice. « J’ai vécu par le passé des expériences d’analyses budgétaires où nous nous étions donné une cible et ce fut catastrophique, a-t-il affirmé. Il ne faut pas se donner une cible à laquelle nous sommes liés. Il faut laisser toutes les options ouvertes et regarder ça de façon structurée. »

Services et bibliothèques

L’augmentation des dépenses de 3,8 % (22 millions $) prévue en 2018 permettra, entre autres, une bonification de différents services à la population. Ces ajouts de service évalués à 1,6 million $ pour l’année à venir touchent des domaines très diversifiés, allant de l’ajout de jeux d’eau dans les quartiers, en passant par l’animation et la revitalisation des anciens centres-ville et la subvention de gestes environnementaux. 

« Nous nous donnons aussi les moyens financiers de pouvoir régler une fois pour toutes la question de l’agrandissement des bibliothèques Lucy-Faris et Guy-Sanche qui ne répondent plus aux besoins grandissants des citoyens, a ajouté le maire. Chaque fois qu’une ville bonifie l’offre dans son réseau de bibliothèques, la fréquentation augmente considérablement. Alors que l’avenir est dans l’économie du savoir, un investissement dans nos bibliothèques est stratégique et nécessaire. » 

L’agrandissement de la bibliothèque Guy-Sanche est évalué par l’administration à 23,5 millions $, tandis que le projet de nouvelle bibliothèque Lucy-Faris requiert 22,5 millions $. Un emprunt de 30,5 millions $ est prévu afin de financer ces travaux qui doivent avoir lieu au cours du mandat.

Nouveaux revenus

La Ville de Gatineau mettra de l’avant, dès 2018, un plan de diversification des revenus qui, à terme, permettra l’entrée de plusieurs millions de dollars supplémentaires dans les coffres de la municipalité et, éventuellement, de réduire la pression fiscale sur les contribuables. 

Ainsi, la Ville imposera, dès l’an prochain, à un taux plus élevé, les droits de mutation pour les transactions immobilières qui excèdent 1 million $. Cette mesure permettra de générer des revenus annuels de 2 millions $ « tout en épargnant les contribuables moins fortunés », a précisé le maire.

Des projets de règlements pour encadrer une taxe sur les stationnements du centre-ville et une augmentation des droits perçus sur les immatriculations occuperont le conseil dans l’année à venir en prévision d’une entrée en vigueur en 2019.

CE QU'ILS ONT DIT :

Louise Boudrias (contre)

«Aujourd’hui, il ne me reste qu’à souhaiter que 2018 serve d’exemple pour casser le moule et revoir en profondeur les finances publiques et réduire le fardeau fiscal des contribuables.»


Maude Marquis-Bissonnette (pour)

«Ce budget comprend plusieurs mesures qui permettent d’augmenter la qualité de vie dans les quartiers, des mesures qui en plus ne coûtent pas une fortune.»


Gilles Carpentier (pour)

«Couper 1 % [d’augmentation de taxe] c’est devoir rationaliser 4 millions $ et en arrivant dans un nouveau mandat c’est un exercice presque impossible à faire. Je préfère qu’on se donne plus de temps pour ça.»


Audrey Bureau (contre)

«J’aurais voulu un scénario plus axé vers les services de base, le déneigement, l’entretien de nos routes, l’entretien des fossés en milieu rural et la sécurité dans nos quartiers. J’aurais voulu un scénario qui nous permette de limiter l’augmentation de la taxation.»


Marc Carrière (contre)

«Si certains se sont laissés endormir ou veulent simplement acheter la paix, ce n’est pas mon cas. Le maire et son parti ne sont pas nos patrons, la population oui. La majorité d’entre elles a voté contre les augmentations de taxes et surtout, nous a mandatés pour trouver d’autres solutions pour créer des revenus.»