Le conseil municipal de Gatineau a adopté mardi à 15 voix contre 4 le budget de 652 millions $ de la Ville pour l'année 2020.

Budget 2020 à Gatineau: d’où est venue l’opposition?

Quatre conseillers se sont opposés, mardi, à l’adoption du budget 2020 de la Ville de Gatineau, Marc Carrière, Jocelyn Blondin, ainsi que de deux candidats pressentis à la mairie en 2021, Louise Boudrias et Jean-François LeBlanc.

Ce dernier ne nie pas avoir des visées sur le poste de maire de Gatineau, mais refuse du même souffle de confirmer qu’il est en réflexion. Pourtant, son nom circule allègrement dans bien des discussions de couloirs et nombreux sont ceux qui affirment que les visées du conseiller du quartier du Lac-Beauchamp sont très claires à ce sujet. Quant à Mme Boudrias, elle ne cache pas être en sérieuse réflexion. Le budget 2020 a d’ailleurs permis d’amener sa réflexion encore un peu plus loin, mais son lit n’est pas encore fait, dit-elle. Elle se donne jusqu’au printemps pour prendre une décision. 

Quant à Jocelyn Blondin, il est demeuré muet, lors du vote, sur les raisons de son opposition. Ce dernier avait par ailleurs décidé de ne pas participer au processus budgétaire. Malgré l’invitation lancée à tous les élus par le comité exécutif, il n’a fait aucune demande budgétaire, ni pour la Ville, ni pour son quartier. Marc Carrière n’avait lui aussi fait aucune demande. Mardi, il a critiqué l’administration Pedneaud-Jobin sur sa capacité à livrer les services de base à la population. Il s’est aussi attaqué directement au parti du maire, Action Gatineau, en affirmant que «je reste convaincu que le seul parti politique municipal à Gatineau a des valeurs idéologiques de gauche qui coûtent cher, de plus en plus cher». 

Boudrias persiste et signe  

L’opposition de Mme Boudrias au septième budget de l’administration Pedneaud-Jobin n’était pas une surprise. La conseillère a d’ailleurs continué de frapper sur le clou des services de base, mardi, lors de sa prise de parole en ouverture de conseil municipal. Déneigement, collecte des matières résiduelles, état des rues et retard dans la réalisation des travaux, Mme Boudrias estime que les choix budgétaires des dernières années et de 2020 ont mené à une détérioration des services de base.

«Ce budget ne répond pas aux priorités des citoyens, a-t-elle martelé. Les taxes augmentent, les dépenses explosent et on emprunte pour régler les problèmes du passé, alors que les services à la population augmentent.» Mme Boudrias reproche à l’administration Pedneaud-Jobin de ne pas en faire suffisamment pour mieux contenir la hausse des taxes. Elle dénonce le manque de volonté politique pour intervenir sur la masse salariale. 

LeBlanc se trompe sur son vote

Lors de sa prise de parole sur le budget, le conseiller Jean-François LeBlanc a annoncé qu’il voterait à nouveau contre le budget cette année. «L’an passé, j’ai voté contre le budget parce que je ne voyais pas assez d’effort pour aller chercher de l’argent ailleurs que dans les poches des citoyens», a-t-il affirmé. 

Vérification faite, le conseiller LeBlanc a appuyé le budget 2019. Interpellé à ce sujet par Le Droit, le conseiller a d’abord nié, convaincu de s’être opposé. Après avoir consulté les procès-verbaux de l’an dernier, il a finalement reconnu qu’il avait voté en faveur du budget 2019. 

Quoi qu’il en soit, le conseiller LeBlanc s’est bel et bien opposé cette année. Son opposition a été motivée par le peu d’investissement qui est, selon lui, réservé au développement économique. Il avait demandé des investissements de 8 millions $ au budget 2020 afin de supporter des projets de développement économique. «Je suis très déçu que ma proposition n’ait pas été considérée, a-t-il dit. J’ai tenté de sonner l’alarme l’an passé, je n’ai pas été entendu. J’ai compris que pour être entendu, il faut parler plus fort et c’est ce que j’ai l’intention de faire.»