Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a commenté les discussions sur le budget.

Budget 2019: «On réalise le programme du conseil», dit Pedneaud-Jobin

Les investissements que la Ville de Gatineau prévoit dans le réseau cyclable, les parcomètres, les infrastructures, et dans le développement des communautés, en 2019, ont quelque chose d’« enthousiasmant » pour le maire Maxime Pedneaud-Jobin. « On réalise le programme du conseil », a-t-il affirmé au terme de la quatrième journée d’étude du budget.

Avec une augmentation de 3,9 %, Gatineau affichera, l’an prochain, la plus importante hausse de ses dépenses des dernières années, mais il ne faut pas, selon le maire, y voir un relâchement de la Ville à ce chapitre. « En bas de 4 %, c’est tout à fait raisonnable, affirme-t-il. C’est beaucoup pour des investissements et ils sont tous nécessaires. On s’adapte à ce qu’on a devant nous. On demeure prudent dans nos dépenses. Ce n’est pas une explosion des dépenses, mais une variation qui est encore dans le domaine de la prudence. On est en croissance, la dette est sous contrôle, nos revenus augmentent, on pouvait se permettre ça. »

Le transfert d’une dizaine de millions de dollars devant servir à des travaux d’asphaltage entre 2020 et 2023 pour financer l’important programme de gestion des inondations dans les quartiers qui a été déploré par quelques conseillers était nécessaire, estime le maire Pedneaud-Jobin. « L’argent ne pousse pas dans les arbres, dit-il. Qu’est-ce qui est plus prioritaire ? Entre la gestion des inondations, des gens qui ont de l’eau dans leur sous-sol et une rue locale qui devra être asphaltée plus tard, il faut malheureusement faire des choix. Ils n’ont pas toujours beaucoup de sens, mais c’est ce qui arrive quand tu as 60 % des infrastructures publiques, mais seulement 8 % des revenus. Gatineau fait face à 40 ans de négligence de son réseau routier», a-t-il rappelé.

Le recours accru à l’emprunt en 2019 n’émeut pas outre mesure le maire. Gatineau demeurera l’une des villes du Québec pour le paiement annuel de la dette prend la plus petite part de son budget. Ce sera 10 % du budget de 623 millions $ en 2019. «L’ensemble de nos indicateurs montrent que notre dette est sous contrôle, note-t-il. Le service de la dette va continuer de baisser ou va se maintenir au cours des prochaines années. On avait une marge de manœuvre et on l’utilise pour investir.»

Image faussée

Le service des infrastructures a présenté, cette semaine, un bilan de ses activités qui tranchait avec celui des dernières années où ce qui en ressortait c’est que ce service n’arrivait pas à réaliser plus de 50 % de son carnet de commandes. La reddition de compte a été raffinée afin d’être plus représentative de la réalité, si bien que l’administration affirme avoir réalisé 83 % de ses objectifs en matière de travaux d’infrastructures en 2018. 

Dans l’esprit de bien des gens pour qui Gatineau n’a pas la réputation d’être efficace, le mal est toutefois fait depuis longtemps. «Beaucoup de choses qui ont été dites étaient exagérées, et les gens qui les disaient savaient que c’était exagéré», a affirmé le maire en faisant une allusion à peine voilée aux anciens candidats à la mairie, Denis Tassé et Sylvie Goneau. «Moi j’ai contredit ça pendant des années, a-t-il ajouté. Je pense que des gens ont cru ma version. C’est peut-être ancré dans une certaine partie de la population, mais il y a des gens qui sont prêts à accepter des nuances.»

Investissements

Le maire Pedneaud-Jobin a particulièrement salué l’investissement de 30,5 millions $ dans le développement du réseau cyclable, tout comme l’effort consenti dans les investissements communautaires, comme les deux nouveaux sites de camp de jour dans le secteur Aylmer ou encore les quatre nouveaux jeux d’eau qui seront aménagés d’ici la fin du mandat. 

«C’est aussi un bon budget pour l’économie, a-t-il mentionné. Ce ne sont pas des investissements très importants, mais nous investissons dans un incubateur d’entreprises qui rassemble trois institutions d’enseignement postsecondaires. Nous investissons dans la culture entrepreneuriale par le biais du Cégep et nous donnons des fonds récurrents à la commission de développement économique.»

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JOS MONTFERRAND, LE CADEAU GREC ?

En léguant l’immense sculpture de Jos Montferrand à la Ville de Gatineau, l’organisation des Mosaïcultures internationales a-t-elle fait un cadeau grec à la Ville de Gatineau ?

L’entretien de cette œuvre florale coûtera 70 000 $ par année à la Ville. L’investissement rebute certains conseillers, si bien que le conseil a refusé, à 12 contre 8, cette dépense budgétaire. Une nouvelle discussion sur l’avenir de la sculpture devra avoir lieu. « C’est un drôle de cadeau, a lancé le conseiller Marc Carrière. Ce sont des dépenses. » Le conseiller Gilles Carpentier n’était aussi pas du tout convaincu de la pertinence de puiser dans l’enveloppe des améliorations de services pour financer l’entretien du grand Jos de fleurs. 

« On pourrait revenir au conseil avec d’autres options de financement et ensuite le conseil décidera s’il conserve ce cadeau », a indiqué le maire. Les élus devront aussi déterminer l’endroit où installer la sculpture. Certains ont mentionné la possibilité de le déménager à la ferme Dalton.