Louise Boudrias, conseillère municipale de Gatineau, demande à ses collègues de réduire la masse salariale de la Ville.

Budget 2019: Boudrias s'attaque à la masse salariale

La conseillère Louise Boudrias passe à l’attaque, à quelques jours de l’adoption du budget de la Ville de Gatineau, et invite ses collègues à faire un effort pour réduire la masse salariale afin de limiter la hausse des taxes à 1,7 % pour 2019, plutôt que 2,1 % comme prévu actuellement.

« L’argent des citoyens de Gatineau pourrait être mieux utilisée, particulièrement en ce qui concerne les ressources humaines et la masse salariale », affirme la conseillère, qui rappelle que Gatineau se classe en tête des grandes villes du Québec quant à la portion du budget (47 %) servant à payer les fonctionnaires municipaux. 

Mme Boudrias dénonce particulièrement la mesure budgétaire de 1,5 million $ pendant trois ans devant servir à augmenter le salaire des cadres et à mettre en œuvre le plan triennal d’effectif, ainsi qu’une autre mesure budgétaire de 415 000 $ pour l’augmentation de la rémunération des employés municipaux. 

Ces mesures étaient recommandées par le rapport sur l’étude approfondie du budget réalisée par le conseiller Gilles Carpentier, qui affirmait que la Ville se devait d’agir puisqu’elle « risquait d’atteindre un niveau critique de non-remplacement de poste qui la placerait en situation de vulnérabilité dans sa prestation de services à la population ». 

« On nous demande de dépenser ces montants alors que le plan d’effectif dont il est question n’est même pas encore complété, note Mme Boudrias. Ça fait deux ans qu’on l’attend et on ne l’a toujours pas. Que ce travail soit d’abord fait et ensuite on verra quels seront les besoins financiers réels liés à notre plan d’effectif. » 

En attendant, Mme Boudrias recommande de plutôt utiliser ces sommes devant servir à augmenter le salaire des cadres et à embaucher de nouveaux fonctionnaires pour réduire la pression fiscale sur les épaules des contribuables. Cette dernière indique que le budget 2019 met la table à la création de 26 nouveaux postes de fonctionnaires et à la transformation de 59 postes temporaires en emplois permanents. 

Elle soutient par ailleurs que le Plan triennal des immobilisations renferme un montant de 7,3 millions $ pour des salaires, ce qui représente, selon elle, une augmentation de plus de 5 millions $, par rapport à 2013. Le nombre de postes financés avec l’argent réservé à l’entretien des infrastructures serait passé, dit-elle de 18 en 2013 à 66 en 2018.

M. Carpentier n’a pas voulu commenter les propositions de Mme Boudrias en faisant le débat par médias interposés. Il dit vouloir attendre à mardi pour en débattre à la table du conseil municipal. Le porte-parole du comité exécutif, Cédric Tessier, a lui aussi refusé de commenter les recommandations de Mme Boudrias en raison d’un manque d’information sur les propositions de cette dernière. 

Le conseil doit aussi reculer, selon Mme Boudrias, sur le retrait de 11 millions $ qui devaient être consacrés au pavage des rues de Gatineau au cours des prochaines années. Cette mesure concoctée par le comité exécutif pour financer une partie du plan pour faire face aux pluies importantes aurait passé complètement sous le radar si Mme Boudrias ne l’avait pas soulevée lors de l’étude du budget. 

« Cette coupure a fait l’objet à aucun moment d’une discussion ouverte et informée au conseil municipal, dénonce la conseillère. Quiconque a sillonné les rues de Gatineau dans n’importe quelle direction a rapidement compris que notre réseau routier a besoin d’investissements majeurs, pas de coupures. »

L’administration doit aussi redoubler d’efforts, selon Mme Boudrias, pour régler le problème des eaux de ruissellement sur l’ensemble du territoire et pas uniquement dans certains quartiers comme ce qui est prévu présentement. 

Mme Boudrias se dit consciente qu’il sera difficile d’obtenir l’appui d’une majorité de ses collèges, mardi prochain, pour l’une ou l’autre de ces recommandations. « Parler de la masse salariale et du salaire des cadres semble être très sensible autour de la table, comme si c’était une chasse gardée, dit-elle. Moi je crois qu’on doit l’aborder parce qu’il s’agit de l’argent des contribuables. »