Le conseiller Gilles Chagnon a tenté de soulever un débat sur la taxe dédiée aux infrastructures, mais sans résultat.

Budget 2018 : des indépendants frustrés

La frustration et l’amertume étaient palpables chez certains élus indépendants, jeudi, au terme des quatre jours d’étude du budget 2018 de la Ville de Gatineau. Ces derniers ont tenté par tous les moyens de se dégager de l’espace politique autour de la table, sans jamais vraiment y parvenir. La proposition budgétaire ficelée par le maire, son comité exécutif et l’administration a été approuvée presque telle quelle.

La conseillère Louise Boudrias a joué la dernière carte qu’elle avait dans sa manche en début de journée en tentant de convaincre ses collègues d’organiser deux autres journées de discussions qui auraient, selon elle, permis d’évaluer d’autres scénarios que celui défendu par le comité exécutif toute la semaine. Sa résolution a reçu l’appui de Jocelyn Blondin, Jean Lessard, Pierre Lanthier, Jean-François LeBlanc, Gilles Chagnon, Mike Duggan et Audrey Bureau, mais ce ne fut pas suffisant. « Si on attend d’avoir 100 % de l’information dans 100 % des dossiers, on va paralyser la Ville », a indiqué le président du comité exécutif, Gilles Carpentier, en guise de contre-argument. 

« Je suis très déçue du manque d’ouverture à regarder les choses différemment, a plus tard affirmé Mme Boudrias. Les gens n’étaient pas prêts à une autre augmentation de 2,9 % des taxes. Mais là, les citoyens vont devoir vivre avec dans une des villes les plus taxées du Québec. Je n’avais pas de proposition. J’avais des idées pour voir comment on peut faire les choses différemment comme en regardant la masse salariale, mais j’ai besoin de poser des questions précises et avoir une discussion avec nos services sur les impacts que ça engendre. Ces deux jours-là que je demandais auraient permis de faire ça. »

Le conseiller Gilles Chagnon a tenté de soulever un débat lorsqu’est venu le temps de voter sur la hausse de 1 % de la taxe dédiée aux infrastructures. Il s’y opposait, mais lorsque le président du conseil lui a demandé s’il avait un amendement à formuler, il a indiqué qu’il n’avait rien de précis à proposer à ses collègues. « Moi, je m’attends à ce que l’administration m’apporte des idées, a-t-il indiqué au terme de la journée. C’est pour ça qu’il aurait été intéressant d’avoir deux jours de plus pour discuter. Je n’ai pas la solution, mais j’aurais voulu discuter. »

Jocelyn Blondin a été l’un de ceux qui se sont le plus souvent opposés lors des votes indicatifs. « J’ai voté contre des propositions comme les investissements de 250 000 $ dans les anciens centres-villes, a-t-il rappelé. On aurait pu prendre cet argent-là et le mettre ailleurs. Notre centre-ville a été identifié, c’est sur l’île de Hull. On veut le revitaliser, mais on continue d’investir dans les anciens centres-villes. Est-ce qu’il y a vraiment eu une fusion ou pas à Gatineau ? »