Les élus gatinois ont adopté le budget équilibré de 578 millions $ pour l'année 2017 à l'issue d'un vote de 13 contre 6 mardi soir à la Maison du citoyen.

Budget 2017 de Gatineau: une nouvelle bataille en vue

Au moment où prenait fin la dernière joute budgétaire du présent conseil municipal, mardi soir, avec l'adoption du budget 2017 de la Ville de Gatineau, il était évident qu'une nouvelle bataille, électorale celle-là, venait de s'amorcer.
Une quatrième hausse consécutive de 2,9 % de la taxe foncière a mis la table à ce qui devrait retenir passablement d'attention au cours des prochains mois, à savoir la volonté de plusieurs élus de réduire le fardeau fiscal des contribuables. 
Le budget 2017 a été adopté à 13 contre 6. Les conseillers Jean-François LeBlanc, Denise Laferrière, Louise Boudrias, Jocelyn Blondin, Josée Lacasse et la candidate à la mairie en novembre prochain, Sylvie Goneau, ont voté contre le budget. Tous ont dénoncé ce qu'ils jugent être un manque d'effort pour réduire l'augmentation de la taxe foncière.
Pour le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, ce budget est les trois autres qui l'ont précédé, auront laissé l'empreinte de ce conseil sur la gestion municipale. Ils viennent, selon lui, répondre aux lacunes identifiées par le rapport Raymond Chabot Grant Thornton rendu public en 2013 qui affirmait que le manque d'orientations claires coûtait des millions de dollars à la ville en pure perte. «Ce conseil aura clairement laissé son empreinte, autant dans les choix des investissements eux-mêmes que dans les changements apportés aux façons de faire, et je suis très satisfait de la plus grande rigueur qui caractérise maintenant le processus budgétaire», a-t-il affirmé lors de son discours. 
Le conseiller Maxime Tremblay a rétorqué que l'année charnière à Gatineau, selon lui, était 2012, lorsque l'ancien conseil a mis en place la taxe dédiée aux infrastructures, créé la commission de révision des dépenses et adopté un plan de diversification des revenus.
Le maire a rappelé que 2017 marquait la plus petite hausse des dépenses de fonctionnement de la Ville avec une augmentation de 1,6 %. Il a salué le contrôle de la dette dont le remboursement annuel ne représente plus que 11 % du budget. Il a aussi rappelé fièrement que Gatineau paie plus de 60 % de ses infrastructures en argent comptant, «un pourcentage inégalé dans les autres grandes villes du Québec», a-t-il ajouté.
Pas assez d'efforts 
Ses adversaires ne remettent pas ces énoncés en question, mais tous affirment qu'il reste beaucoup d'effort à faire pour réduire les dépenses municipales et éventuellement le fardeau des contribuables. «Notre responsabilité c'est aussi de respecter la capacité de payer de nos citoyens et de comprendre que ça peut être difficile pour ceux dont le revenu fixe n'augmente pas chaque année, a clamé Mme Goneau. Il faut moderniser notre offre de service, faire de l'attrition dans notre fonction publique, c'est primordial. L'augmentation systématique des taxes n'est pas un modèle à suivre.»
Mme Boudrias a pour sa part dénoncé ce qu'elle estime être une des pires augmentations de taxes au Québec. «Avec ce budget, nous obligeons notre communauté à réduire son pouvoir d'achat parce que nous n'arrivons pas à bien contrôler nos dépenses», a-t-elle lancé. 
Le maire Pedneaud-Jobin est plutôt d'avis que ce genre d'approches proposées par ses adversaires sont «les modèles qui ont échoué un peu partout et qui sombrent dans l'idéologie». Il se dit convaincu qu'une réduction de la hausse de taxes deviendra éventuellement possible en continuant d'afficher des augmentations de dépenses aussi faibles qu'au cours des deux dernières années.