Le gouvernement québécois s'oppose fermement à l'idée de transférer une centaine d'employés de Gatineau vers le bureau de New York.

Brookfield: Québec s’oppose au transfert d’emplois vers les États-Unis

EXCLUSIF / Le gouvernement du Québec n’a pas l’intention de laisser le nouveau patron d’Énergie renouvelable Brookfield transférer une centaine d’emplois du bureau de Gatineau vers celui de New York sans rien dire. Le Droit a appris que le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, pourrait faire du maintien des emplois à Gatineau une condition du gouvernement au renouvellement des droits hydrauliques détenus par l’entreprise dans la région.

Les informations publiées par Le Droit, la semaine dernière, voulant que Brookfield se prépare à abolir près d’une centaine de postes à son bureau de Gatineau pour les transférer aux États-Unis d’ici 12 à 18 mois inquiètent vivement le gouvernement du Québec. La députée de Hull et porte-parole du caucus de l’Outaouais, Maryse Gaudreault, a interpellé le ministre Moreau à cet effet lundi. La réaction de ce dernier a été sans équivoque, dit-elle.

Énergie renouvelable Brookfield et le gouvernement du Québec ont récemment entamé la renégociation des droits hydrauliques de l’entreprise. En Outaouais, ces droits touchent quatre barrages. Les baux qui avaient une durée de 20 ans viennent à échéance le 16 novembre 2019.

Une ombre dans la négo
« Ce que nous avons lu dans le journal est très préoccupant, affirme Mme Gaudreault. Perdre 100 emplois en Outaouais c’est l’équivalent d’en perdre 400 à Montréal. Nous allons tout faire pour maintenir ces emplois ici. Il est maintenant évident que ce nouvel élément sera amené à la table des négociations. Pour le gouvernement, il sera important que l’entreprise s’engage à maintenir les emplois à Gatineau. Si Brookfield maintient sa position, il y aura une ombre importante dans les négociations sur les droits hydrauliques. »

Mme Gaudreault a précisé que les négociateurs du gouvernement ont été mis au courant, lundi, des intentions de l’entreprise de transférer des postes à New York. « Il y aura une très forte pression sur Brookfield dans ce dossier, dit-elle. Les emplois doivent demeurer à Gatineau. Le Québec n’a pas l’intention de favoriser une entreprise qui retirerait des bénéfices de ses ressources naturelles tout en déménageant des emplois aux États-Unis. Le ministre m’a dit clairement que ces informations viennent de changer la donne dans les négociations. Si Brookfield maintient sa volonté de transférer ces emplois qui ont un impact important sur notre économie, il n’y aura plus beaucoup de place à la négociation pour nous. Si Brookfield veut garder ses droits hydrauliques dans la région, elle devra maintenir les emplois ici. »

« Nous allons tout faire »
Ces déclarations de la députée de Hull surviennent à une semaine de la visite dans la région du nouveau patron de Brookfield. Mitchell Davidson a remplacé le Gatinois Richard Legault au poste de président des opérations de l’entreprise en Amérique du Nord il y a quelques semaines. M. Davidson doit rencontrer le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, le 11 juin prochain. Ce dernier entend aussi aborder de front la question du maintien des emplois au bureau de la rue Victoria. « Je veux rassurer les employés de Brookfield, a ajouté Mme Gaudreault. Nous allons tout faire pour que ces gens conservent leurs emplois à Gatineau. »

Dans son édition de samedi, Le Droit révélait que les vice-présidents d’Énergie renouvelable Brookfield, de retour de New York pour une série de réunions stratégiques avec la nouvelle direction, jeudi dernier, avaient avisé leurs employés qu’un plan de transition pouvant toucher de 50 à 100 employés, notamment ceux responsables du courtage et de la gestion du risque, seraient invités à déménager aux États-Unis ou à accepter une entente de départ pour quitter l’entreprise.

Plus de 70 % des actifs d’Énergie renouvelable Brookfield en Amérique du Nord sont situés aux États-Unis. L’entreprise souhaite intensifier ses actions dans ce marché.