Selon nos informations, de 50 à 100 postes pourraient être abolis dans les bureaux de la rue Victoria.

Brookfield: jusqu’à 100 postes iraient à New York

EXCLUSIF / La haute direction d’Énergie renouvelable Brookfield a avisé ses employés de Gatineau, jeudi, qu’un important plan de transition vers le bureau de New York est sur le point de s’enclencher. Selon nos informations, de 50 à 100 postes pourraient être abolis dans les bureaux de la rue Victoria. Tous les postes reliés aux activités de courtage seraient visés par un transfert vers les États-Unis dans un horizon de 12 à 18 mois. Des employés en gestion du risque et de la comptabilité seraient aussi appelés à déménager dans la Grosse Pomme ou à accepter un forfait de départ pour quitter l’entreprise.

Ces informations obtenues par Le Droit de sources crédibles au sein de l’entreprise tranchent avec le ton rassurant utilisé plus tôt cette semaine par la vice-présidente aux affaires publiques de Brookfield, Vanessa Pilotte, qui affirmait, lundi, qu’il était prématuré de parler de transfert de postes.

Selon nos informations, tous les vice-présidents de l’entreprise ont été convoqués par la nouvelle direction, à New York, en début de semaine, pour une série de réunions stratégiques. C’est finalement jeudi, de retour à Gatineau, que les vice-présidents auraient annoncé ce que plusieurs appréhendaient déjà et dont Le Droit faisait état dans son édition de mardi.

Ces changements majeurs qui pointent à l’horizon surviennent dans la foulée du départ du Gatinois Richard Legault, qui était à la tête de l’entreprise depuis de nombreuses années. Son successeur, Mitchell Davidson, a décidé qu’il dirigerait la compagnie à partir du bureau new-yorkais. Près de 70 % des actifs de l’entreprise en Amérique du Nord sont en sol américain, et Brookfield à l’intention d’augmenter sa présence sur ce marché.

« Plusieurs vice-présidents pensaient pouvoir convaincre la nouvelle direction de ne pas toucher aux postes à Gatineau, mais ils n’ont visiblement pas réussi, a indiqué une source au sein de l’entreprise bien au fait des tractations à l’interne. La compagnie croit qu’elle sera mieux positionnée pour faire croître ses actifs aux États-Unis si elle concentre ses activités là-bas. Ça ne serait pas surprenant que la compagnie cherche à transférer tout le bureau de Gatineau aux États-Unis d’ici quelques années. »

Droits d’eau
Selon nos sources, la renégociation en cours des droits d’eau de l’entreprise avec le gouvernement du Québec pourrait être un incitatif pour la compagnie à vouloir conserver une large part de ses activités à Gatineau.

La localisation du siège social en sol québécois, à Gatineau, aurait une certaine importance pour Québec dans la renégociation de ces droits d’eau qui permettent à Brookfield d’opérer ses barrages, notamment sur la rivière la Lièvre.

Un employé avec qui Le Droit s’est entretenu, vendredi, affirme avoir beaucoup pleuré à la suite de l’annonce du plan de transition.

« Nous sommes vraiment comme une famille ici, a indiqué cet employé qui cumule plusieurs années de services au sein de l’entreprise. C’est ce qui fait la force de Brookfield. C’est une des principales raisons du succès de la compagnie ces dernières années. Nous sommes tous très fiers de travailler ici, mais nous ne sommes pas du tout d’accord avec la voie que semble vouloir prendre la nouvelle direction. »

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, doit rencontrer Mitchell Davidson le 11 juin prochain.

La vice-présidente des affaires publiques de Brookfield, Vanessa Pilotte, n’a pas été en mesure de donner suite à notre demande d’entrevue.