L’ancien président exécutif d’Énergie renouvelable Brookfield, Richard Legault

Brookfield: inquiétudes après le départ de Legault

L’incertitude vient de gagner de nombreux employés d’Énergie renouvelable Brookfield à Gatineau. Le Droit a appris que le départ à la retraite du président exécutif de la multinationale, le Gatinois Richard Legault, il y a quelques semaines, et l’arrivée de son remplaçant, un Américain qui demeurera basé à New York, provoque passablement de remous dans les bureaux de l’entreprise de la rue Victoria.

La vice-présidente aux affaires publiques de l’entreprise, Vanessa Pilotte, a confirmé au Droit que le successeur de M. Legault est entré en fonction il y a quelques semaines. Il se nomme Mitchell Davidson. Il était auparavant président de la firme NextEra Energy Ressources.

M. Davidson a rencontré les employés du bureau de Gatineau pour la première fois, la semaine dernière. Selon deux sources au sein de l’entreprise, le transfert d’une centaine de postes de Gatineau vers le bureau de New York dans un horizon assez court a été sérieusement évoqué par le nouveau patron.

Mme Pilote reconnaît que le départ de M. Legault représente un choc pour bien des employés de l’entreprise. Elle confirme que la nouvelle direction évalue la possibilité de faire certains changements, mais il est trop tôt, dit-elle, pour conclure quoi que ce soit.

« M. Davidson est en poste seulement depuis quelques semaines, précise-t-elle. Il n’y a rien de décidé encore. Nous sommes en évaluation, des choses sont envisagées, mais il n’y a aucune décision finale qui a été prise. Certains changements font l’objet de discussions, mais il n’y a rien de précis sur le nombre d’employés ou des fonctions particulières qui pourraient être visées. On ne peut pas dire à ce moment-ci s’il y aura des transferts de postes. »

Il est toutefois clair qu’Énergie renouvelable Brookfield veut prendre de l’expansion aux États-Unis. « Près de 70 % de nos actifs en Amérique du Nord sont aux États-Unis, précise Mme Pilotte. Il y a une volonté de l’entreprise d’augmenter nos liens là-bas et c’est pour cette raison que la direction sera maintenant basée à New York. »

Le bureau de Gatineau continuera d’être « le plus important » au sein de l’entreprise, insiste Mme Pilotte. Plus de 500 des quelque 1100 employés d’Énergie renouvelable Brookfield travaillent dans le bureau du centre-ville de Gatineau. « Ce n’est pas parce qu’on veut faire grandir le bureau de New York que celui de Gatineau sera réduit, dit-elle. Il ne faut pas que les gens aient l’impression que l’entreprise va tout changer en raison du départ de M. Legault. La fierté qu’on a d’être ici à Gatineau demeure la même. » Les choses devraient se préciser au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

Richard Legault devient vice-président du conseil d’administration de Brookfield Asset Management et représentera l’entreprise sur plusieurs conseils d’administration.

PEDNEAUD-JOBIN RENCONTRERA LE NOUVEAU PATRON DE BROOKFIELD

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, ne cache pas son inquiétude de voir le bureau d’Énergie renouvelable Brookfield, l’un des fleurons du centre-ville, être dégarni au profit du bureau de la multinationale situé à New York. 

Un appel téléphonique auprès de l’ancien patron de Brookfield, Richard Legault, lundi, a cependant permis de rassurer quelque peu le maire de Gatineau. « Mais juste à court terme, note le maire. J’ai des inquiétudes pour le moyen et le long terme. Je comprends que la compagnie évalue certains changements dans une perspective de croissance de leurs affaires aux États-Unis. Il y a un risque. »

M. Pedneaud-Jobin doit rencontrer le successeur de M. Legault, Mitchell Davidson, au début du mois de juin. Les deux hommes tentent actuellement de faire concorder leurs horaires. « Je vais lui rappeler l’importance que cette entreprise a pour nous à Gatineau, pour notre développement économique et pour tout ce qu’elle représente, précise le maire. Il faut que M. Davidson comprenne que Brookfield fait partie de la famille ici. C’est le prolongement de la Maclaren, c’est une entreprise historiquement enracinée et ça ne doit pas être négligé. »

Le maire Pedneaud-Jobin rappelle que Brookfield a énormément investi pour ses opérations et son personnel à Gatineau, ce qui selon lui représente un incitatif à vouloir demeurer ici. La qualité de la main-d’œuvre, un centre-ville en pleine expansion et le positionnement du Québec comme chef de file en hydroélectricité sont des incitatifs importants qui militent en faveur du maintien des activités de Brookfield à Gatineau. Le maire n’exclut pas la possibilité d’interpeller le gouvernement du Québec si les choses devaient trop mal tourner pour Gatineau dans ce dossier.