La Ville de Gatineau a précisé les détails de l’état d’avancement du grand chantier routier du boulevard Saint-Joseph, mercredi matin.

Boulevard Saint-Joseph: la date de fin des travaux demeure inconnue

La Ville de Gatineau a précisé les détails de l’état d’avancement du grand chantier routier du boulevard Saint-Joseph, mercredi matin. On sait désormais que des délais supplémentaires d’au moins un an toucheront la quasi-totalité des travaux sur le boulevard. Par contre, on ne sait toujours pas en quelle année ces travaux seront terminés.

Le service des infrastructures de la Ville prévoyait, il y a un an, que l’ensemble des travaux entre Alexandre-Taché et Saint Raymond allaient au moins être amorcés en 2021, et dans certains cas terminés. Cette prévision est maintenant reportée à 2022. « Nos services ne sont pas en mesure, aujourd’hui, de donner une date précise pour la fin des travaux », a indiqué le président du comité exécutif, Cédric Tessier. La phase actuellement en chantier, entre Dumas et Montclair, doit cependant être terminée en 2020. 

L’administration municipale affirme toujours travailler avec un budget de 78 millions $, mais déjà, quelques drapeaux se lèvent. « La tendance des coûts est à la hausse, a précisé M. Tessier. Les soumissionnaires ne se bousculent pas au portillon et cela a tendance à faire augmenter le prix des travaux. La même situation est vécue à la grandeur de la province. La conseillère Louise Boudrias a mentionné que les services municipaux estiment entre 2 à 4 % l’augmentation annuelle des coûts dans le marché de la construction.  

Le président du comité exécutif a affirmé qu’il n’était pas impossible, dans le contexte actuel, que la stratégie d’approvisionnement de la Ville force à reprendre des appels d’offres pour tenter de contrôler la hausse des coûts. Cela occasionne nécessairement des délais supplémentaires sur le début des travaux. 

S’il devait y avoir un dépassement de coûts, les fonctionnaires devront revenir devant le conseil municipal pour les faire approuver. «On ne peut pas prédire l’avenir, explique M. Tessier. C’est un grand projet et aujourd’hui nos services sont confortables à donner un échéancier pour le boulevard comme tel, mais ensuite il y aura aussi les rues perpendiculaires et parallèles. Ça provoque un effet domino parce que des travaux doivent absolument avoir lieu avant d’autres.» À cet effet, le conseiller Jocelyn Blondin a montré au Droit un document datant du mois d’avril qui faisait était de travaux sur ces rues perpendiculaires ou parallèles débutant en 2023 et 2024. Le document déposé en public mercredi ne reprenait toutefois pas ces dates, mais affirmait qu’un échéancier «demeure à préparer», notamment pour le réseau cyclable parallèle sur la rue Berri. 

La gaine, Brigil et l’armée

Trois grands enjeux sont actuellement rencontrés par les différents services municipaux impliqués dans le chantier de Saint-Joseph. M. Tessier a précisé que la gaine de conduite d’égout installée en 2006 sous la rue Amherst doit déjà être remplacée. «Ce n’était pas prévu du tout et ça fait en sorte de causer des retards sur cette rue, entre le boulevard et le ruisseau de la Brasserie. Ça en cause aussi sur Saint-Joseph. C’est l’effet domino. 

La Ville doit aussi mener des discussions pour faire des acquisitions de servitudes près du pont Prince-de-Galles pour y faire passer un important collecteur pluvial vers la rivière. Des discussions doivent avoir lieu avec la Défense nationale, Hydro-Québec, la STO et Trans Énergie. Des études écologiques doivent aussi être réalisées. 

L’acquisition par Brigil du Village place Cartier a aussi forcé la Ville à modifier ses plans pour le tronçon Montclair-Saint-Raymond. Les plans du promoteur ne sont pas encore définitifs, mais la Ville de Gatineau n’a pas l’intention de prendre de chance. Les infrastructures souterraines qui seront installées auront la capacité d’accueillir un important complexe immobilier et résidentiel. «Les tuyaux qu’on avait d’abord prévus n’étaient pas assez gros pour recevoir toute cette eau usée provenant des habitations, a noté M. Tessier. Il faut prévoir plus gros. On s’en va en plan et devis en ce moment pour aller en travaux l’an prochain sur ce tronçon.»

Des négociations devront aussi avoir lieu entre Brigil et la Ville de Gatineau. 

La municipalité cherche à agrandir son emprise dans ce secteur afin d’avoir assez de place pour un accotement cyclable. «L’ancien propriétaire des lieux n’était pas prêt à négocier, peut-être que le nouveau sera plus ouvert, a mentionné M. Tessier.»

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Peu de nouveau pour Boudrias

Une fois l’information sur les travaux du boulevard Saint-Joseph qu’elle réclamait en main, la conseillère Louise Boudrias a reconnu ne pas avoir appris «grand-chose de nouveau», mercredi matin. 

«Il y a des choses qui ont été modifiées, on présente différemment les dates de début et de fin des travaux, c’est peut-être plus près de la réalité, a-t-elle mentionné. Lors de la dernière rencontre, il y avait des informations contradictoires. Il me manque encore des informations, mais là je peux partir de ce que j’ai pour avoir des réponses plus précises de l’administration à donner aux citoyens et aux commerçants.»

Mme Boudrias rappelle que le chantier du boulevard Saint-Joseph n’en est pas à ses premiers retards. «Je n’ai pas le niveau de compétence pour dire que ces travaux-là auraient dû être faits l’an passé, dit-elle. Je ne suis pas ingénieur. Je me fie à ce que nos professionnels nous disent et c’est cette information que je vais transmettre.»

Les retards dans les échéanciers prévus et l’augmentation des coûts dans le marché de la construction inquiètent toutefois Mme Boudrias. «Pour des travaux majeurs comme ça, il y a toujours des délais, et je sais que c’est plus difficile sur les coûts à cause des soumissionnaires, a-t-elle dit. Il y a des délais qui ne sont pas contrôlables. C’est toujours inquiétant parce que plus ça retarde, plus ça coûte cher à la ville. Nos services nous disent que c’est entre 2 et 4 % de plus chaque année.»