La conseillère Louise Boudrias a constaté à la dure que les chiffres sur lesquelles elle s’appuyait pour demander une révision de la masse salariale n’étaient pas les bons.

Boudrias vivement rabrouée au conseil

La conseillère Louise Boudrias a reçu un dur rappel à l’ordre de la part de nombreux conseillers d’Action Gatineau, mardi, alors qu’elle souhaitait s’attaquer à la masse salariale et à l’augmentation prévue du salaire des cadres de la Ville afin que la hausse de taxes pour 2019 ne dépasse pas 1,7 %. Elle s’est fait reprocher une approche « populiste » du dossier et d’avoir induit la population en erreur, la semaine dernière, en affirmant que Gatineau était la grande ville du Québec qui dépensait le plus au prorata de son budget en salaires pour ses fonctionnaires. Sa proposition a été rejetée à la majorité.

La charge a été menée par le conseiller et porte-parole du comité exécutif, Cédric Tessier. « À la base, cette information est fausse, a-t-il lancé, avec en preuve un tableau préparé par le service des finances de la Ville. Gatineau est au 5e rang sur les neuf plus grandes villes du Québec. Dire qu’il faut couper dans la masse salariale parce que la Ville n’est pas concurrentielle et que toutes les autres villes font mieux que nous, ça laisse croire qu’on gère mal la ville, qu’il y a du gaspillage et c’est complètement faux. Le choix qui s’offre à nous est simple, soit on se base sur des faits ou sur une idéologie purement populiste. »

Citant aussi une étude des HEC, M. Tessier a rappelé que Gatineau était la 3e grande ville de la province où le taux d’encadrement est le plus faible et qu’elle se situait au 4e rang des villes où la rémunération globale des cadres est la plus basse.

« On n’est pas dans l’exagération, a ajouté M. Tessier pour appuyer la pertinence d’un réajustement salariale pour les cadres de 1,5 million $ en 2019. Il y a actuellement des cadres à Gatineau qui sont moins bien payés que certains employés sous leur responsabilité. »

Les conseillères Myriam Nadeau et Maude Marquis-Bissonnette ont aussi remis en question les affirmations de Mme Boudrias.

« S’attaquer à la masse salariale comme ça c’est à peu près la façon la moins transparente de s’attaquer à un budget municipal parce qu’on ne dit pas où on veut couper, a ajouté le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Couper des employés, c’est couper des services. On ne tente pas de vendre plus de cannes de conserve avec le moins de monde possible. On donne des services à une population. Le débat de la masse salariale à Gatineau est un faux débat. »

Le conseiller Gilles Carpentier a abondé dans le même sens en affirmant que la faible rémunération des cadres était un problème qui doit être réglé. « Si on ne le fait pas aujourd’hui on devra le traiter plus tard, a-t-il dit. Le prix à payer pour ne rien faire serait énorme pour l’attraction et la motivation de ces employés. »

Au terme du débat, Mme Boudrias a affirmé avoir fait l’objet d’attaques personnelles. « Je n’ai pas une équipe comme Action Gatineau pour être capable de sortir de l’information, a-t-elle lancé. Je n’ai pas inventé ces chiffres, mais je comprends qu’il faut comparer les bonnes choses quand on se compare aux autres. Il y a eu plus d’attaques qu’un vrai débat sur comment travailler ensemble pour réduire le taux de taxation. Je m’y attendais. »

Les seuls appuis obtenus par Mme Boudrias sont venus des conseillers Jocelyn Blondin et Marc Carrière.

Les deux élus ont tenté de détourner le débat sur la circulation de l’information au conseil.

« Le traitement de l’information au conseil n’est pas le même pour tout le monde, a lancé M. Carrière. Il y a une minorité d’élus qui a une information de qualité. Nous n’avons pas tous le même niveau d’information. »

Face à ces propos, le maire a rappelé qu’il était le chef de l’exécutif et qu’il avait le droit de demander des précisions à l’administration pour défendre la Ville quand des affirmations comme celles de Mme Boudrias sont faites sur la place publique.