La conseillère municipale Louise Boudrias, se voit retirer son titre de mairesse suppléante de Gatineau. Un malaise s'était créé dans les derniers mois à ce sujet, affirme le maire Pedneaud-Jobin.

Boudrias se fait retirer le poste de mairesse suppléante

La vive tendance à la critique de la conseillère Louise Boudrias aura finalement eu raison de la patience du maire Maxime Pedneaud-Jobin. Ce dernier a annoncé, mardi, qu’il la démettait de ses fonctions de mairesse suppléante, rôle qu’elle occupait depuis un an. Elle sera remplacée par la conseillère Nathalie Lemieux.

«Il y a un malaise qui s’est créé dans les derniers mois par la distance de plus en plus grande entre le poste de mairesse suppléante et le rôle plus critique que Mme Boudrias occupe, a affirmé le maire Pedneaud-Jobin pour justifier sa décision. Un moment donné, ça devenait un problème de crédibilité entre le poste et la personne qui doit représenter le maire et l’administration.»

La décision du maire n’est pas une surprise pour la conseillère Boudrias qui admet qu’il était devenu «inacceptable» qu’une personne critique comme elle au conseil puisse jouer en même temps le rôle de représentante du maire qu’elle remet très régulièrement en question. «Je préfère garder mon indépendance, engendrer des débats constructifs au conseil et continuer de représenter mes citoyens et les Gatinois que d’être réduite au silence pour conserver ce poste, a-t-elle indiqué. C’est certain que je suis déçue, mais je ne vois pas ça comme une démotion. C’est le choix du maire et je le respecte.» Mme Boudrias obtient toutefois un siège à la commission de développement économique, un poste qu’elle souhaitait avoir.

«Pas une place pour chialer» 

Sa remplaçante, Nathalie Lemieux, n’a pas voulu trop s’étendre sur la façon dont Mme Boudrias remplissait son rôle de mairesse suppléante, mais elle entend visiblement le faire autrement. «Mme Boudrias a eu son style et j’aurai le mien, a-t-elle affirmé. Moi, je n’aime pas critiquer. J’aime rendre les gens heureux autour de moi. On a le droit d’avoir des opinions, mais pas le droit de critiquer et de mal représenter la Ville. Représenter la Ville est un rôle qui doit être impartial. Je ne serai pas là pour critiquer, mais pour représenter le maire, mes collègues et la Ville. Ce n’est pas une place pour chialer.»

Ce brassage de cartes dans les instances démocratiques de la Ville amène le maire à remplacer Mme Lemieux de la présidence de la commission des arts et de la culture par la conseillère Isabelle N. Miron. Cette dernière précise qu’elle reprendra le travail où Mme Lemieux l’a laissé. «Le nouveau plan d’action s’en vient, je vais prendre la balle au bond et continuer le travail déjà amorcé», a-t-elle indiqué. 

Le maire Pedneaud-Jobin nommera un nouveau président du comité exécutif en janvier. Ce remplacement est rendu nécessaire par le désistement du conseiller Gilles Carpentier, il y a quelques mois.