La conseillère Louise Boudrias n’a pas réussi à faire augmenter le budget du pavage.

Boudrias échoue à obtenir plus d’asphalte

La conseillère Louise Boudrias vient de perdre une autre manche dans la bataille de l’asphalte qu’elle mène depuis plusieurs mois au conseil municipal de Gatineau.

Déterminée à remettre les millions de dollars transférés de l’enveloppe de pavage vers le plan de lutte aux pluies diluviennes - un choix du conseil qu’elle n’a toujours pas digéré un an plus tard - la conseillère a élaboré une nouvelle approche cette année pour tenter de convaincre ses collègues de l’appuyer.

Alors que l’heure des décisions finales était venue, jeudi, dans le cadre de l’étude du budget 2020, Mme Boudrias a proposé de se tourner vers les quelque 90 millions $ que détient Gatineau dans ses différentes réserves pour renflouer les enveloppes de pavage des années 2020, 2021, 2022 et 2023, à raison de 500 000 $ cette année et 3,5 millions $ lors des trois années suivantes.

Mme Boudrias a pu compter sur l’appui indéfectible dans ce dossier des conseillers Marc Carrière, Jocelyn Blondin et Mike Duggan, ce qui était loin d’être suffisant pour rallier une majorité autour de la table du conseil. Les opposants à la mesure proposée par la conseillère ont rappelé que l’enveloppe de pavage (27,5 M$ en 2020) était déjà bonifiée de 1,5 million $ cette année et qu’une telle réaffectation de fonds aurait forcé une révision complète du plan d’investissement, un travail qui s’échelonne normalement sur plusieurs mois.

« On me disait que si je voulais ça, je devais trouver la façon de le faire et je l’ai trouvé, a affirmé Mme Boudrias. J’ai proposé des choses et ça n’a pas été retenu. Ça leur appartient. On a pourtant énormément de demandes de citoyens qui veulent qu’on investisse plus dans nos infrastructures et nos rues. Je comprends qu’il y a un travail rigoureux qui se fait pour le plan d’investissement et que ce que je voulais demandait des ajustements, mais pour moi ç’aurait été intéressant, surtout que tout le monde savait que j’allais demander ça. Je l’ai demandé l’an passé, je l’ai encore fait cette année et je vais le refaire l’an prochain. »

La conseillère Audrey Bureau est aussi d’avis que l’enjeu du pavage doit être réglé à Gatineau. Elle avait cependant un message pour sa collègue. « C’est à Mme Boudrias de voir comment elle travaille, amène ses dossiers et comment elle en fait la promotion au sein du conseil municipal », a-t-elle lancé.

Il n’en demeure pas moins que l’état des rues de Gatineau est, selon Mme Bureau, l’enjeu numéro un des citoyens. « Il faut reconnaître que le pavage et les services de base sont la priorité des citoyens, a-t-elle insisté. Année après année, ils disent aux élus qu’ils sont insatisfaits du niveau de service qu’ils reçoivent en matière de pavage. Il faut s’en occuper. »

Mme Bureau croit que l’analyse coûts-bénéfices de la technique de la lichette qui aura lieu au cours des prochains mois va faire bouger les choses et qu’en ce sens, il n’y avait pas lieu de dédoubler le travail de l’administration pour répondre à la demande de Mme Boudrias immédiatement.