Louise Boudrias
Louise Boudrias

Blondin et Boudrias veulent assouplir le règlement sur les démolitions

Pour qu’une demande de démolition soit considérée comme recevable à Gatineau, le propriétaire doit impérativement proposer un projet de remplacement. «Cette obligation doit cesser», estiment le président du Comité consultatif d’urbanisme (CCU), Jocelyn Blondin, et la conseillère Louise Boudrias.

Cette façon de faire mène à la prolifération des taudis, de bâtiments désuets et de refuges pour les squatteurs partout sur le territoire, déplore M. Blondin. «Il faut que ça arrête, dit-il. Je pense qu’on devrait pouvoir accepter la démolition de bâtiments sans projet de remplacement immédiat. En attendant, les promoteurs pourraient par exemple aménager des espaces verts. Tout le monde y gagnerait. On n’a qu’à mettre des conditions.»

Le conseiller Blondin a d’ailleurs voulu marquer le pas, lundi, en votant en faveur d’une demande de démolition au 238-240, boulevard Saint-Joseph, alors que le propriétaire, une société de noms collectifs liée aux hommes d’affaires Charles Beaudoin, Gilles Desjardins et Pierre Villeneuve, n’avait pas de projet de remplacement, mais proposait un aménagement paysager temporaire. «Le service de l’urbanisme ne recommandait pas d’accepter cette demande et j’ai été le seul à voter en faveur quand même, explique M. Blondin. Nous avons eu une discussion ensuite et il a été décidé qu’on allait en reparler au comité pour amener la discussion au conseil afin qu’une décision puisse se prendre là-dessus l’automne prochain.»

La conseillère Louise Boudrias affirme qu’un tel changement dans la réglementation est dans l’air depuis déjà plusieurs années à Gatineau. «Il faut agir, dit-elle. On peut changer les choses, permettre de démolir sans projet de remplacement, mais en se donnant un encadrement strict.»

M. Blondin propose que les propriétaires qui souhaitent démolir un bâtiment puissent le faire, mais sans que ça vienne modifier la valeur au rôle d’évaluation. «Si le terrain et le bâtiment étaient évalués à 400 000, alors l’évaluation demeure à 400 000 $ tant qu’il n’y a pas de projet de remplacement, que l’immeuble soit encore là où qu’il ait été démoli, propose-t-il. De cette façon, la Ville ne perd pas de revenus et le propriétaire peut s’éviter un paquet de problèmes.»

Mme Boudrias et M. Blondin ajoutent que la Ville devra être stricte pour éviter que ces éventuels terrains vagues ne soient transformés en stationnement à ciel ouvert. «Ça, on peut l’interdire, tout simplement, et il faudra le faire», insiste M. Blondin.