Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin
Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Bilan du maire de Gatineau: «Ça aurait pu faire beaucoup plus de dégâts»

Aucun politicien ne pourrait faire un bilan sérieux des derniers mois sans revenir sur la pandémie de COVID-19. Pas surprenant que le maire Maxime Pedneaud-Jobin y ait longuement faire référence, mardi, lors de son allocution en ouverture du dernier conseil municipal avant la pause estivale. Gatineau gère actuellement sa quatrième crise majeure en quatre ans. « C’est colossal, a-t-il lancé. Ça aurait pu faire beaucoup plus de dégâts ». Ses remerciements envers l’administration ont été nombreux et sentis.

Affronter catastrophe sur catastrophe, ça use de toutes sortes de façons, dit-il. « Oui, les élus et l’administration, mais les citoyens aussi, dit-il. On est dans une situation où on est toujours en état de crise. On ne cesse de solliciter nos organismes communautaires, nos entreprises ont besoin d’aide et nos citoyens vivent des moments difficiles. Ils perdent des biens. Dans le cas de la COVID ce sont des décès, des malades. Ça laisse beaucoup de traces. »

Du point de vue de l’organisation municipale, chaque crise force la Ville à revoir ses priorités. Inondations, tornade et maintenant le coronavirus, chaque fois Gatineau s’en trouve bousculée pendant des mois. « Ça fait des échéanciers différents, explique le maire. Tout le monde travaille avec un peu plus de pression parce qu’il y a des projets qu’on ne veut pas laisser tomber. » 

Maxime Pedneaud-Jobin se félicite d’être à la tête du parti politique qui a instauré la formule du programme du conseil à Gatineau. « C’est beaucoup grâce à ça qu’on a resserré nos outils de suivi et de planification et qu’on arrive à garder le cap dans toutes ces tempêtes », dit-il. Son administration accuse cependant du retard sur le plan de match. « Ça fait partie des conséquences difficiles à vivre pour moi, mais aussi pour tout le conseil », admet-il.


« On est dans une situation où on est toujours en état de crise. »
Maxime Pedneaud-Jobin

Les bâtiments verts, la consultation du plan d’urbanisme, l’heure d’ouverture des bars et le jeu dans la rue sont tous des dossiers qui ont abouti ce printemps. En parallèle, les travaux se sont poursuivis en itinérance, dans le dossier du vivre-ensemble, dans la suite à donner aux inondations et sur les grands chantiers d’infrastructures comme le boulevard Saint-Joseph, la rue Notre-Dame et les usines de production et de traitement des eaux. L’interminable saga du futur aréna Guertin a aussi fait un retour remarqué sur le bureau du maire. 

Les prochaines semaines marqueront la pause estivale qui précédera un automne appréhendé par plusieurs. « J’encourage tout le monde à prendre des moments pour se reposer, se ressourcer, conseille le maire. L’automne ne s’annonce pas particulièrement facile, et le travail ne manquera pas. »

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PROTECTION DE LA FORÊT DESCHÊNES: «ON LES A ÉCOUTÉS», DIT PEDNEAUD-JOBIN

La colère suscitée dans le secteur Aylmer par le projet Destination Vanier a marqué les derniers mois de 2019. La suite logique de ce que plusieurs considèrent comme un éveil environnemental à Gatineau ne s’est pas fait attendre et cette fois, le conseil municipal a dû faire marche arrière.

La mobilisation citoyenne pour empêcher la Ville de Gatineau de vendre la forêt Deschênes aura pour sa part marqué le printemps 2020. « Je ne sais pas si on aurait pris cette décision-là [abandonner la vente] s’il n’y avait pas eu toute cette mobilisation, admet le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Les citoyens sont venus nous alerter et nous dire qu’on sous-estimait l’importance de ce terrain. On les a écoutés. »

La forêt Deschênes, à l'angle du boulevard Lucerne et du chemin Fraser

Si le conseiller Jocelyn Blondin s’est publiquement dit agacé par cette mobilisation en raison des nombreux courriels de citoyens qu’il a reçus à ce sujet, le maire de Gatineau, pour sa part, souhaite que le phénomène ne s’estompe pas. 

« Pendant longtemps, on [les gouvernements] a vu les citoyens qui se mobilisent comme une menace, comme quelque chose de dérangeant parce que nous on connaît ça, qu’on a l’expertise et qu’on gère la ville, explique M. Pedneaud-Jobin. Mais c’est ça qu’il faut changer. La participation citoyenne met de la pression sur tous les niveaux de gouvernement, les villes d’abord en raison de notre proximité avec les gens. Il faut que les villes transforment leurs façons de faire pour que dans toutes nos pratiques, on reconnaisse que la contribution citoyenne est un atout. »

Le maire reconnaît qu’il s’agit toutefois d’un défi qui n’est pas simple. Ça nécessite une adaptation. « Pour que les gens puissent se mobiliser, ils doivent avoir le temps de voir venir [les choses] et qu’ils aient accès à des documents plus facilement », ajoute-t-il.

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EN ATTENTE DU FÉDÉRAL

Ça fait des mois que le maire Maxime Pedneaud-Jobin tape du pied en attendant qu’Ottawa confirme son financement pour le tramway de Gatineau. Le premier ministre du Québec, François Legault, ne cache pas non plus son impatience.

De passage en Outaouais, la semaine dernière, il a affirmé qu’il avait « très hâte » de pouvoir annoncer officiellement ce projet évalué à 2,1 milliards $ en 2018.

« J’espère que le fédéral va prendre sa décision parce qu’il est temps de le faire, a insisté M. Pedneaud-Jobin. Il faut que le fédéral se branche cet automne. »

Le maire de Gatineau a salué le leadership du gouvernement Legault dans ce dossier, lui qui a déjà confirmé le financement de 60 % du projet.

« Notre projet est très haut dans les priorités du gouvernement du Québec et il l’a démontré à plusieurs reprises, a noté le maire. Mais on ne peut pas faire un projet de 2,1 milliards $ avec juste 60 % de la somme. »