Bilan décevant pour les Mosaïcultures 2018

Les Gatinois ont complètement boudé la 2e édition des Mosaïcultures au parc Jacques-Cartier, à l’été 2018. L’exposition florale a par ailleurs été très décevante au chapitre de la fréquentation. L’organisation n’a pas été en mesure d’atteindre la moitié de son objectif de 500 000 visiteurs.

Ces deux informations se retrouvent dans le très court bilan de l’événement présenté en dix minutes aux élus, mardi après-midi, par un fonctionnaire de la Ville de Gatineau. De fait, pas plus de 205 660 personnes ont passé les tourniquets de l’exposition, dont la moitié provenait de l’extérieur du Québec. Les touristes ont représenté 89 % des visiteurs. Moins de 2000 Gatinois ont accepté de payer pour revoir une exposition qu’ils avaient déjà visitée en grande partie.

Aucun représentant des Mosaïcultures n’était sur place lors de la présentation. Le document remis aux médias tenait sur trois pages, alors que les élus ont pu consulter jusqu’à sept documents concernant notamment les retombées économiques et la provenance des visiteurs. 

À part la conseillère Louise Boudrias et Mike Duggan, aucun autre élu n’est intervenu pour approfondir les données déposées par l’organisation qui a reçu 2 millions $ en subventions de la Ville, en plus d’un prêt de 1,5 million $. 

« Je suis très mal à l’aise que ce soit un de nos fonctionnaires qui présente ce bilan, a indiqué Mme Boudrias. Ce dossier a été porté politiquement et maintenant il n’y a plus personne pour le porter. J’avais demandé une présentation publique. Ça m’apparaissait important parce qu’on a mis 2 millions $ d’argent des contribuables là-dedans. Je ne dis pas que c’est un mauvais investissement […], on a eu un bel événement dont on est fier et qui a fait parler de Gatineau. »

Le président du comité exécutif, Cédric Tessier, n’a pas semblé outre mesure dérangé par l’absence de représentant des Mosaïcultures pour cette présentation. « Je n’ai pas pris le temps de réfléchir à cette question-là », a-t-il indiqué. 

À ce chapitre, le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, voit pour sa part les choses bien autrement. L’ancien gouvernement avait injecté 2 millions $ dans cette deuxième édition des Mosaïcultures.

« Si vous me posez la question, je vous répondrais que j’aurais aimé que les gens des Mosaïcultures soient-là, c’est certain. Mais ça ne change rien au constat, ça n’a pas été une réussite compte tenu des cibles qui avaient été fixées, a affirmé le ministre. Quand on dépense de l’argent public, il faut toujours le faire de la meilleure façon […]. Maintenant, soyons vigilants à l’avenir. Mais je pense que quand on fait ces choix-là, il y a toujours une part d’incertitude. »

Le sculpture de Jos Montferrand sera installée en bordure de la rue Montcalm, près de la sortie de l'autoroute 50.

Jos Montferrand

La Ville de Gatineau a cependant levé le voile sur ce qui s’apparentait a un secret d’État depuis plusieurs semaines, à savoir le lieu choisi pour exposer l’œuvre de Jos Montferrand léguée par les Mosaïcultures. La sculpture sera installée en bordure de la rue Montcalm, tout près du ruisseau de la Brasserie, à la sortie de l’autoroute 50. 

Prêt remboursé

Le document remis aux médias indique que la totalité du prêt de 1,5 million $ cautionné par la Ville a été remboursée par les Mosaïcultures au 30 octobre dernier. 

L’organisation doit encore verser une somme de 15 000 $ à la Ville de Gatineau en raison de frais divers encourus par l’événement. 

Selon les Mosaïcultures internationales, l’événement a généré des retombées économiques de l’ordre de 7,6 millions $ pour Gatineau, alors qu’au départ, les prévisions parlaient de retombées économiques dans les dizaines de millions $. L’événement aussi mené à la création de 87 emplois dans la région. 

« Je pense que les Gatinois en ont eu pour leur argent […], a indiqué M. Tessier. Je crois que la visibilité pour Gatineau a été la retombée la plus importante de l’événement.