Jamais Gatineau n’avait vécu une crue printanière comparable à celle de mai 2017.

Bilan de l'année 2017 à Gatineau

Le Droit vous offre un tour d'horizon des évènements marquants de l'année 2017 à Gatineau.

Un chiffre: 104

La saga de l’aréna Guertin a encore occupé beaucoup de place dans l’actualité municipale en 2017. L’année avait d’ailleurs commencé sur les chapeaux de roues avec une guerre de mots entre le maire Maxime Pedneaud-Jobin et l’ancien conseiller Denis Tassé. Les propos de ce dernier lui ont même valu des remontrances de la part du président des Olympiques, Alain Sear. Le 20 février, les détails de l’entente entre Gatineau et Vision multisports Outaouais sont rendus publics. Le projet coûtera 104 millions $, comprendra quatre surfaces glacées, dont une de 4000 sièges, et sera construit à place de la Cité, dans le secteur Gatineau. Le conseil municipal, à 12 contre 5, vote en faveur du projet. Le 14 juin, l’Assemblée nationale du Québec adopte à l’unanimité le projet de loi privé déposé par la Ville de Gatineau. Les premiers contrats pour la réalisation des infrastructures municipales sur le terrain du futur Guertin sont octroyés en octobre. L’ancienne conseillère municipale, Denise Laferrière, conteste en cour la validité de ce projet de loi privé, mais le maire Pedneaud-Jobin assure que cela n’empêchera en rien la réalisation du projet. Si tout se passe comme prévu, les Gatinois entreront dans leur nouveau complexe en 2020.

Un lieu: les bureaux de la direction régionale du ministère des Transports du Québec

La direction régionale du ministère des Transports du Québec (MTQ) a fait l’objet de bien des critiques cette année. L’une des plus virulentes est venue du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Ce dernier a révélé, lors du bilan des inondations, à Québec, le 19 décembre dernier, que la Ville de Gatineau avait informé la direction régionale du MTQ des risques que l’autoroute 50 soit inondée deux jours avant que cela survienne lors de la crue printanière record de mai dernier. Les hauts dirigeants du MTQ en Outaouais n’ont toutefois pas levé le petit doigt avant que l’autoroute soit devenue inutilisable, coupant ainsi en deux la quatrième plus importante ville de la province pendant plusieurs jours. La gestion de la direction régionale du MTQ dans le dossier du futur lien rapide dans l’Ouest a aussi fait sortir de ses gonds l’ancien président de la Société de transport de l’Outaouais, Gilles Carpentier, en pleine campagne électorale, cet automne. L’étude d’opportunité concernant ce projet qui devait être présentée il y a déjà plus d’un an se fait toujours attendre. Le nouveau ministre des Transports du Québec et député de Pontiac, André Fortin, a rapidement pris la situation en main en annonçant, cet automne, que la STO travaillerait dorénavant directement avec une équipe spéciale du ministère des Transports pour ses projets d’infrastructures d’envergure. Quant au pont Alonzo, dont l’élargissement est identifié comme prioritaire depuis 1996 par le MTQ, la direction régionale a finalement présenté un projet de 40 millions $ en mai pour la construction de deux voies réservées. Les travaux ne débuteront toutefois pas avant cinq ans.  

Un personnage: l’électeur gatinois resté chez lui le 5 novembre

Un constat important a émergé de l’élection de novembre dernier. La démocratie municipale ne se porte pas très bien, notamment à Gatineau, où moins de quatre électeurs sur dix se sont déplacés pour voter pour leur maire et leur conseiller. Le taux de participation famélique de 38 % impose une importante remise en question au sein des institutions démocratiques et médiatiques. La dernière campagne électorale avait pourtant donné lieu à une offensive majeure du Directeur général des élections du Québec pour inciter les gens à voter. À Gatineau, les candidats à la mairie ont participé à plus de débats publics que jamais auparavant. Près d’une vingtaine en tout. Les médias ont offert des couvertures diversifiées et imposantes tout au long de la campagne. Les enjeux étaient importants, allant de la fiscalité à la culture, en passant par les infrastructures et les services directs à la personne. Malgré tout, l’électeur gatinois a décidé de rester chez lui en tournant le dos à son privilège et à son devoir de citoyen vivant dans une société démocratique. 

Une résolution: des commissions municipales transparentes

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a amorcé une refonte de la gouvernance dans les instances démocratiques de la Ville. Il entend donner plus de pouvoir aux différents comités et commissions. Leur rôle politique devrait en ressortir plus fort, tout comme devrait l’être celui des élus qui siégeront au sein de ces comités et commissions. En ce sens, il est à souhaiter que les travaux de ces instances démocratiques soient plus accessibles et plus transparents. Sauf exception, les documents, rapports et analyses qui sont déposés devant ces comités et commissions devraient être rendus publics par l’administration, séance tenante, pour que les médias puissent informer les citoyens des enjeux qui sont traités au sein de leur appareil municipal. La publication de procès-verbaux survenant aussi loin que six mois, voire parfois un an, après une séance d’un comité ou d’une commission n’a tout simplement plus sa raison d’être dans une ville qui souhaite être reconnue pour sa transparence.

Une date: mai 2017

Jamais Gatineau n’avait vécu une telle crue printanière. Il faut remonter à 1876 pour trouver une inondation aussi catastrophique que celle survenue en mai dernier dans le secteur Pointe-Gatineau. Et encore là. Les niveaux de l’eau enregistrés sur la rivière des Outaouais ce printemps ont battu tous les records. Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, racontera, en décembre dernier, que c’est dans la nuit du 5 au 6 mai qu’il a pris conscience de l’extrême gravité de la situation. L’eau avait monté de plusieurs centimètres en quelques heures seulement et rien ne semblait vouloir arrêter cette crue. Des centaines de sinistrés ont dû évacuer leur maison. Plusieurs ne pourront jamais reconstruire. Certains sont encore hébergés dans des hôtels de la région en raison de la lenteur avec laquelle Québec gère l’après-crise. Touchés par le sort de leurs concitoyens, des centaines de Gatinois se sont déplacés, au plus fort de l’inondation, pour aller remplir des sacs de sable. L’armée est débarquée en renfort. Tour à tour, les premiers ministres du Canada et du Québec, le gouverneur général et plusieurs ministres sont venus constater en personne les dommages dans les rues de Pointe-Gatineau. Ces événements forcent la Ville de Gatineau et les autres paliers de gouvernement à revoir leur gestion des plaines inondables et leur perception des changements climatiques. La reconstruction de Pointe-Gatineau sera difficile et la vie de centaines de résidents aura été marquée à jamais.