Le terrain à l’angle du chemin Fraser et du boulevard Lucerne est situé dans une zone de protection des boisés.
Le terrain à l’angle du chemin Fraser et du boulevard Lucerne est situé dans une zone de protection des boisés.

Bientôt du nouveau sur la mise en vente controversée d’un boisé à Gatineau

Les élus de Gatineau devraient être en mesure, d’ici la pause estivale, de prendre une décision finale et cette fois plus éclairée sur la vente du terrain boisé situé à l’angle du chemin Fraser et du boulevard Lucerne, a fait savoir, mardi, le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

D’abord passée sous silence, la mise en vente de ce terrain révélée par Le Droit, à la mi-mars, a soulevé une vive controverse parmi les citoyens du quartier et les associations de résidents du secteur. La mobilisation a forcé le maire à faire un pas de recul au début du mois de mai et à exiger que la direction générale de la Ville suspende le processus de mise en vente.

Cet arrêt des procédures devait permettre la réalisation d’analyses sur la valeur écologique et le potentiel archéologique du terrain de 5343 m2. Situé dans une zone de protection des boisés, tout au bout d’un corridor vert qui permet de connecter tout un écosystème qui va de la forêt Boucher jusqu’à la rivière des Outaouais, ce terrain n’avait fait l’objet d’aucune vérification de l’administration quant à sa véritable valeur avant d’être mis en vente sous l’approbation du conseil municipal. «Le rapport devrait être déposé bientôt, a précisé le maire Pedneaud-Jobin. Je ne veux pas m’avancer sur une date précise pour une décision, mais selon moi, on devrait être capable de faire ça avant l’été. L’essentiel du travail est fait. On reviendra au conseil pour voir quelles sont les options qui s’offrent à nous.» La vente de ce terrain faisait partie de la stratégie de l’administration pour financer l’achat du terrain de Multivesco derrière le Canadian Tire du Plateau qui doit accueillir le futur complexe multiglaces de l’ouest.

Le maire n’avait pas de détail à fournir quant aux observations faites sur le terrain, mais le conseiller Daniel Champagne, lors d’un plaidoyer, mardi, sur l’importance pour Gatineau de réduire sa dépendance aux revenus fonciers, a laissé entendre que ce terrain avait «une valeur écologique et archéologique importante». Le conseiller du quartier, Mike Duggan, a indiqué qu’il préfère que la Ville ne vende pas ce terrain, mais il a ajouté qu’il préférait se préparer pour toutes les éventualités dans ce dossier. C’est pourquoi, a-t-il expliqué, il s’est adjoint les services d’une firme d’architecte, A4 Architecture + design pour étudier avec lui le terrain. Un forum de discussion sur les enjeux du développement durable sera d’ailleurs organisé par le conseiller, en collaboration avec cette firme, le 18 juin prochain.

Le conseiller du district de Deschênes, Mike Duggan

«Nous réfléchissons à de meilleures méthodes de développement de l’habitat humain à proximité des habitats naturels, a-t-il affirmé. Je fais ça au cas où nous déciderions de poursuivre la vente. S’il y a un nouveau propriétaire, je m’engage à l’accompagner et à continuer de donner l’exemple du développement durable pour vrai et pas uniquement pour faire du greenwashing

Protection des milieux humides

Le maire est aussi revenu, mardi, sur les propositions déposées à la Ville par la Fondation de la forêt Boucher et une quinzaine d’associations de résidents pour assurer une meilleure protection des milieux humides sur le territoire de Gatineau. La Fondation reproche à la Ville d’avoir une mauvaise interprétation de la loi qui la force à vouloir remettre entre les mains de Québec la protection de ses milieux humides et d’ainsi s’éloigner de la vision exprimée dans le schéma d’aménagement.

«Ce groupe de citoyens a fait des propositions intéressantes et on est en train d’analyser tout ça pour voir jusqu’où on veut aller dans les changements qu’on veut faire dans nos règles d’urbanisme, a noté le maire. On regarde aussi qui a la responsabilité de quoi. Il faut clarifier un peu le pouvoir de la Ville. Des villes font autre chose, alors que nous, on prend une autre approche. On est en train de clarifier ça pour faire des choix qui pour moi doivent absolument nous aider à protéger nos milieux humides.»